Les douze travaux des Facultés

Les Facultés agronomiques de Gembloux allaient-elles survivre à leur fusion avec l’Université de Liège ? La question était sur toutes les lèvres en 2009 à l’heure de l’intégration de la première dans la seconde. Deux ans et demi après la noce, Eric Haubruge, vice-recteur de Gembloux Agro-Bio Tech (nouvelle appellation des Facultés agronomiques de Gembloux) est plus que rassurant. « Dans le mot “intégration”, on voit souvent le côté négatif. Mais ici, cette intégration n’a eu aucun impact négatif. Et la fusion nous a permis de nous consacrer davantage à nos domaines d’excellence mais aussi d’élargir notre spectre de compétences », expliquait-il à la rentrée académique. La preuve par… toute une série de projets que l’Université de Liège implémente à Gembloux, confortant ainsi sa spécialisation dans tout ce qui touche à l’agronomie et, plus largement, aux biotechnologies. « Cela prouve bien que Gembloux n’est pas près de disparaître ! Il serait d’ailleurs totalement illogique que notre université se prive d’un tel site en plein milieu du pays », dit-il aujourd’hui. Le vice-recteur lève aujourd’hui un coin du voile sur les douze projets qui, dans un avenir proche, vont modifier le visage du campus universitaire et de ses environs

immédiats.

1. Alimentaire Gembloux monte un grand projet de recherche sous l’appellation « Terra ». Il regroupe un vaste laboratoire spécialisé en agroalimentaire, un Ecotron (point 2), des fermes expérimentales (point 3) et des expériences en agroforesterie (point 4). Ensemble, ils représentent un investissement de 22,5 millions d’euros et donneront de l’emploi à 170 chercheurs. Le labo agroalimentaire a pour vocation de se mettre au service des entreprises du secteur, notamment pour leur permettre d’expérimenter de nouveaux processus de fabrication, de conservation, d’emballage, etc. « On rassemble toutes les unités concernées pour permettre aux chercheurs de travailler et de s’ouvrir au monde de l’entreprise », précise Eric Haubruge.

2. Ecotron C’est la seconde pièce maîtresse du projet Terra. L’Ecotron est une structure où l’on reconstruit les écosystèmes agricoles et où l’on étudie les interactions avec l’environnement. D’autres « Ecotron » existent en Europe, mais l’intérêt de celui-ci est de pouvoir expérimenter sur le terrain, au sein même de l’université, les données de laboratoire.

3. Fermes Développement de fermes expérimentales en lien direct avec les deux premiers projets. L’une sera centrée sur les spéculations animales et l’autre sur les spéculations végétales.

4. Agroforesterie L’université va réserver un espace de 50 hectares à proximité de la réserve naturelle de l’Escaille pour mener une série de projets novateurs en matière d’agroforesterie. Ils s’inscrivent dans la nouvelle politique agricole européenne. Il s’agit d’un mode d’exploitation du sol qui associe la plantation d’arbres avec des cultures ou l’élevage de bétails. « Nous travaillons à trouver un nouveau modèle d’agriculture pour nos régions », précise le vice-recteur.

5. Pacodel Pacodel est la contraction de « partenariat, coopération et développement ». Des notions profondément ancrées dans les Facultés de Gembloux. Pas étonnant dès lors que l’Université de Liège a choisi cette ville pour y regrouper tous ses services de coopération au développement. Ils seront abrités avec la formation continuée (point 6) et ID Campus (point 7) dans un bâtiment à construire le long de l’avenue Maréchal Juin. À noter, l’actuelle « Maison du Monde » sera cédée à un privé pour y développer un projet immobilier.

6. Formation Un centre de formation continuée en horaire décalé va également s’installer à l’avenue Maréchal Juin. Il regroupera toute une série de formations proposées par l’Université de Liège et d’autres institutions.

7. ID Campus Création d’un centre « ID Campus » en collaboration avec le Bureau économique de la province de Namur (BEP). Le projet : développement de PME ou de nouveaux produits, toujours dans les domaines de prédilection de l’université.

8. Parking Ce site est connu à Gembloux sous l’appellation « Caves Lambin ». Il appartient à l’université et devrait être valorisé à terme sous forme de parking et de projets immobiliers.

9. Kots L’université a reçu une subvention de 300.000 euros pour la construction de six ou sept kots sociaux. « Mais ce n’est pas suffisant, nous aurions besoin, à moyen terme, de 50-60 kots supplémentaires », assure le vice-recteur. L’université réfléchit dès lors à un partenariat avec un privé pour la construction de nouveaux logements.

10. Jardin Aménagement d’un jardin botanique entre le bâtiment qui abrite l’unité de Phytopathologie et celui de l’unité de Biologie animale et microbienne.

11. Piscine bio Un petit plongeon dans une piscine bio ? Étudiants et habitants pourront s’y essayer si la proposition de l’université à la Ville fait mouche. « Nous mettons sur la table notre expertise et nous apportons le terrain », dit Eric Haubruge. Mais c’est à la Ville de prendre le projet en main et de le porter vers les autorités compétentes.

12. Centre sportif Voila un projet Ville-Université qui a l’allure d’un succès : six millions d’euros pour la construction d’un nouveau centre sportif aux portes du campus universitaire. Plus de sept millions d’euros d’investissement et un terrain offert par l’université au maître d’ouvrage. L’outil sera évidemment partagé entre la population, les 1.200 étudiants et les 550 membres du personnel.