Théâtre « Mon jardin secret » au Volter : Les plates-bandes de Jacques Mercier

CRITIQUE

Si Jacques Mercier, récent retraité de la RTBF, prête son visage à une campagne publicitaire pour des testaments, n’en déduisez pas que le pensionné a délaissé les projecteurs pour les mots croisés, Julien Lepers et le jardinage. Si l’homme de média cultive une chose, c’est plutôt sa passion des mots, non plus à la radio ou à la télé, mais sur les planches.

Il y a quelques mois, la Toison d’Or l’accueillait pour un Mercier Go Home bon enfant, condensé d’anecdotes humoristiques sur sa carrière audiovisuelle avec des invités de choix, de Geluck à Kroll. Aujourd’hui, à la Comédie Volter, c’est sur un ton plus sérieux et par un angle plus intime que Jacques Mercier sème son Jardin secret.

Accompagné de la chanteuse et pianiste arménienne Nara Noïan, il raconte son enfance, sa découverte de l’amour et sa passion pour la poésie, parsemant son récit de ses propres vers. Il convoque son adolescence, confie sa timidité avec les filles, les premiers émois devant la Dolce Vita au cinéma, la nostalgie des encriers et des tableaux noirs, ou encore son interview à 14 ans de Jacques Brel. Avec quelques incursions dans sa vie d’adulte pour finir sur une parenthèse romantique autour de la femme de sa vie.

Si Jacques Mercier a un talent certain pour raconter les histoires, il faut avouer que les souvenirs de son bon vieux temps ne nous ont pas tous passionnés. Sans compter les platitudes en guise de transitions, du style, « le bonheur ça se partage » ou « l’amour, c’est ce qu’il y a de plus important dans la vie. »

Le décor, plutôt pompeux entre un fauteuil Voltaire et un élégant secrétaire, n’aide pas à instiller un peu de folie dans cette pièce trop scolaire.

Avec ses poèmes en russe, ses chansons sur la jalousie ou ses ponctuations musicales, Nara Noïan donne un peu de mystère et de peps à une soirée au final bien anodine.

Jusqu’au 24 janvier à la Comédie Volter, 98 avenue des Frères Legrain, Bruxelles. Tél. 02-762.09. 63.