A LA DECOUVERTE DU PELOTON 98 (XVI): LES ITALIENS UN EFFECTIF MOUVANT MAIS TOUJOURS PLETHORIQUE

A la découverte du peloton 98 (XVI) : les Italiens

Un effectif mouvant

mais toujours pléthorique

La quantité plutôt que la qualité. Avec 8 équipes parmi l'élite, telle pourrait être, une nouvelle fois, la devise du vélo italien en 1998.

Avec huit équipes dans les 22 qui composent la division 1, le cyclisme italien se taille une fois de plus la part du lion. On aurait pourtant tort de confondre qualité et quantité. En effet, à l'exception de Mapei, toujours première équipe du monde mais qui brille surtout grâce à ses Belges et son Russe (Tonkov), on ne trouve qu'une seule équipe transalpine dans le «top 10» mondial. Et encore Saeco est-elle 10e... Polti (13), Asics (15), Mercatone Uno (19), Cantina Tollo (20), Ballan (21) et Scrigno (22) sont bien plus loin. A côté, le bilan des Allemands (une équipe troisième), des Néerlandais (2 équipes dans les 8 premiers), des Français (4 équipes dans les 11 premiers) est plus intéressant.

Voilà pour le côté purement chiffré. Pour le reste, le paysage italien a été considérablement modifié durant l'hiver : MG et Batik ont disparu pour se mélanger en une formation (Riso Scotti), Roslotto a été dissous et c'est la nouvelle formation Ballan qui en a le plus profité tandis que Mercatone Uno, tout acquise à la cause de Pantani, Asics, Cantina Tollo et Scrigno ont grimpé d'un échelon.

Les trois meilleurs coureurs italiens du peloton ont changé de maillot. Michele Bartoli, tenant de la Coupe du monde, a remplacé Chiappucci comme leader de la formation Asics, créée l'an dernier autour du «Diablo». Sans emploi après la disparition de l'équipe MG, le meilleur coureur de classiques du monde, numéro 3 mondial, aurait pu aller chez Polti, mais il n'aurait pu y amener son entourage (il a emmené 3 coureurs chez Asics). Mais la formation de Stanga n'a pas été en reste : elle a ramené au bercail Davide Rebellin, qui a remporté deux épreuves de Coupe du monde pour le compte de La Française des Jeux, et transféré le très prometteur Fabrizio Guidi (Scrigno). Outre Bartoli et Rebellin, le troisième gros transfert italien est évidemment celui de Francesco Casagrande, qui a croisé Rebellin sur la route de la France : Casagrande est désormais le leader des Cofidis. Ferrigato (Roslotto) est lui aussi allé voir à l'étranger, en Espagne en l'occurrence (chez Vitalicio Seguros).

Après sa sixième place au Tour, Casagrande était un petit peu devenu un leader excédentaire au sein de la deuxième équipe italienne, Saeco. Avec l'arrivée de Piepoli (Refin), avec ce collectionneur de victoires qu'est Cipollini et avec le dernier vainqueur du Giro, Ivan Gotti, Saeco est paré pour la saison.

Quand on parle de modification du paysage cycliste italien, cela inclut également l'antichambre de l'élite. Là aussi, les choses ont bougé : si Brescialat est toujours là (et avec un nouveau leader de taille : Zaina, 2e du Giro 1996), Refin a cédé le relais à Mobilvetta tandis que Vini Caldirola remplace Aki.

Deux sensations à ce niveau. Chiappucci, discrédité après son double contrôle excessif d'hématocrites, a trouvé de l'emploi au sein de l'équipe Ros Mary de Marino Basso. Mais, surtout, il y a l'équipe Riso Scotti. Si Giancarlo Ferretti (ex-MG) n'a plus trouvé d'emploi, Emmanuele Bombini (ex-Batik), qui a vu son adjoint Miozzo créer Ballan, a formé une équipe de haut vol emmenée par deux grands sprinteurs, Baldato (ex-MG) et Minali (ex-Batik), les deux derniers vainqueurs des Champs-Elysées. On parie que Riso Scotti sera au Tour ?

J.-F. Lws

Les compositions complètes des formations italiennes de division 1 seront publiées dans nos éditions de demain avec la parution de la première de nos deux pages reprenant toutes les équipes de la saison.