Dans le quartier du Chant d'Oiseau

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Dans le quartier du Chant d'Oiseau

tous les voisins ont du talent

«Mieux vivre son quartier, mieux connaître ses voisins», telle est la devise du Centre communautaire du Chant d'Oiseau, installé à l'avenue du même nom, à Woluwe-Saint-Pierre. Le but de cette asbl: développer la notion de «village» dans ce quartier un peu impersonnel de la capitale. Le moyen le plus original pour y parvenir: exploiter la richesse humaine des habitants pour diriger les animations.

Et de sacrés talents ont été dénichés! Douze clubs de conversation (de l'italien à l'espagnol en passant par le grec), des cours d'art floral, de graphologie, de yoga, de photo, etc. Mais aussi, régulièrement, des conférences et des voyages culturels. Tout ça, ou presque, organisé par des gens du quartier. Et si tous les voisins de Bruxelles avaient des talents cachés?

En 1976, date de l'inauguration du centre, ce n'était guère qu'un petit restaurant pour le troisième âge, mais déjà le principe était clair: des gens du quartier préparaient la cuisine et assuraient seuls le service. Tante Jeanne, une célébrité des lieux, était déjà de la partie et son sourire de 85 ans illumine, aujourd'hui encore, ce réfectoire pas comme les autres. Ici, pas de «clients», même si tout le monde est le bienvenu, rien que des amis. Dîner n'est qu'un prétexte. C'est moins la qualité de la nourriture que celle de l'accueil qui fait revenir les voisins. Ce restaurant a la fonction qu'a le café du coin dans les villages.

Aujourd'hui, en plus du restaurant, le bâtiment abrite une crèche, une bibliothèque et une salle polyvalente.

Peu à peu, au hasard des rencontres et des conversations, Denise Servais, l'animatrice responsable du centre, a su débusquer les talents cachés de ses voisins et leur proposer, comme un pari, d'en faire profiter les autres. Une dame anglaise organisera un cours de conversation, un ingénieur en retraite, passionné de photo, initiera les amateurs à son art, une tricoteuse au génie méconnu se laissera convaincre d'enseigner la couture... Aujourd'hui, une trentaine d'habitants du quartier animent des activités aussi diverses que, par exemple, la gymnastique, la poésie, les mathématiques ou la sophrologie.

Réapprendre à vivre

La maman d'Eddy Merckx (il a forgé ses mollets sur les boulevards de Woluwe), son magasin fermé, supportait mal la solitude. Elle rencontre Mme Servais, qui l'«entraîne» dans son centre: aujourd'hui, deux fois par mois, elle anime le «club tables d'amitié» où les dames du quartier, parfois d'anciennes clientes, viennent faire la causette...

Des conférences (une douzaine par an) sont également organisées, ainsi que des expositions (les peintres ou les photographes locaux) et des excursions culturelles (les guides sont, eux aussi, des gens du quartier).

Qui sont-ils, les habitués du Chant d'Oiseau? Surtout des personnes du troisième âge, que la retraite a coupées, du jour au lendemain, de la vie sociale, et une grande majorité de femmes, des femmes au foyer qui ont tout donné pour leur famille, qui se retrouvent seules sans avoir jamais pu s'épanouir vraiment. Plusieures d'entre elles confessent qu'au centre communautaire, elles ont réappris à vivre.

Le «Chant d'Oiseau» est devenu un des coeurs de la commune. Il est aujourd'hui reconnu «foyer culturel de quartier» par la province. Sous tutelle communale, il reçoit 200.000 F de subsides par an, mais n'a pu survivre et se développer que grâce à la rigueur de sa gestion (autogestion) et, surtout, à l'enthousiasme qu'a su insuffler à ses voisins la très dynamique Denise Servais.

JEAN-FRANCOIS WALHAIN.

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