DMO diffuse ses lumières Une PME d'ingénierie optique, pour tester les pare-brise automobiles

DMO diffuse ses lumières Une PME d'ingénierie optique, pour tester les pare-brise automobiles

La naissance d'un projet trouve parfois ses origines dans une blessure. Pour Daniel Malaise, la cicatrice qui barre la mémoire incruste à jamais le nom Spacebel. La société, créée en 1988, fut sous sa direction le fleuron du domaine spatial liégeois. Mais en 1993, il entre en conflit avec l'actionnaire français de l'époque, Matra (40 % contre 50 % pour la Société régionale d'investissement de Wallonie), à propos de la stratégie de l'entreprise. Daniel Malaise quitte alors Spacebel pour fonder sa propre société. Spacebel connaîtra ensuite une longue descente aux enfers avant la faillite en juillet 1997.

L'échec est terrible pour l'astrophysicien: D'autant plus qu'il était évitable... Daniel Malaise ne décolère pas et met toujours en cause plusieurs décideurs de la région liégeoise.

Artisan de l'aventure spatiale européenne - il a inventé le banc d'optique sous vide thermique, participé à la conception de la caméra qui a photographié le noyau de la comète de Halley... -, Daniel Malaise est un passionné. J'ai fondé la société DMO Consulting dès 1993. Après une joint-venture infructueuse avec une société américaine, les activités de DMO ont réellement débuté en 1995. Je veux créer de la richesse et de l'emploi dans ma région.

Société d'ingénierie optique, DMO Consulting propose à ses clients la meilleure solution de contrôle de qualité par l'optique. Nous présentons les projets de haute technologie les plus appropriés ainsi que la conception et le prototypage d'instruments optiques. Nous créons également les outils hardware et les softwares.

Surtout, DMO développe une stratégie axée en priorité vers l'efficacité commerciale: Chaque produit est sélectionné suivant des critères de rentabilité dans une niche technologique où il y a peu de concurrence. La tactique étant de développer le produit et de le mettre en vente très rapidement, puis de se retirer du marché dès que celui-ci se fait moins profitable. Ceci peut se faire à deux conditions: réagir très vite à un appel du marché sur des produits demandant une bonne maîtrise de plusieurs technologies, et avoir la capacité d'inventer en permanence de nouveaux produits pour remplacer ceux dont la rentabilité fléchit.

Clefs de voûte du système, les responsables produits. Ce sont des personnes choisies pour leur expérience et leur capacité pluridisciplinaire à conduire une affaire, de sa conception au succès commercial , explique Daniel Malaise. Trois ingénieurs en optique, deux ingénieurs électroniciens, deux concepteurs en mécanique, deux informaticiens permettent à DMO de concevoir globalement un produit.

L'exemple le plus abouti de la production s'appelle Iris. Cet appareil de haute précision permet de déterminer la transmission, la réflexion et/ou la diffusion de la lumière des surfaces planes ou légèrement galbées. Portable, facile à employer, Iris a été développé pour le contrôle des pare-brise automobiles. Mais l'industrie verrière n'est pas la seule visée par DMO.

Nous avons évidemment exploré toute la technique autour d'Iris. Un appareil, le Windis, est en test chez Segal (galvanisation à froid). C'est important car les principaux sidérurgistes sont regroupés dans l'actionnariat de Segal... Le produit sera exposé à Dallas au mois de septembre. DMO espère convaincre le marché américain et séduire également le Japon.

Un modèle dérivé d'Iris mesure l'infrarouge et équipe un téles -cope à Hawaii. Les marques d'intérêt affluent.

Depuis 1997, Daniel Malaise a considérablement étoffé sa PME puisque, de trois personnes, l'effectif est passé aujourd'hui à 16 employés. Et les cartons débordent de projets prometteurs.

CHRISTIAN DELCOURT

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