Waterloo Sœur Marie Michel fête son siècle à Fichermont : Elle géra Sœur Sourire

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Cest moi qui ai porté toute l’histoire sur le dos. C’était une gentille fille. Je l’ai accompagnée à toutes ses présentations. Elle a fini tristement sa vie. Elle s’est laissée mourir. J’ai été à ses obsèques. J’ai été avec elle jusqu’au bout, jusque dans sa mort et même au-delà. Dieu lui a pardonné. Elle était si gentille… » Au monastère de Fichermont, Marie Rabain, alias sœur Marie Michel, se souvient de Sœur Sourire. Et cela à l’occasion d’une petite fête pour ses… 100 ans.

L’échevin Yves Vander Cruysen (MR) lui a remis les cadeaux de circonstance. Il a rappelé que la jubilaire avait été nommée maîtresse des novices en 1958. Un an plus tard, le monastère accueillit une certaine Jeanine Deckers (1933-1985) alias sœur Luc-Gabriel, plus connue sous le nom de Sœur Sourire (« Dominique nique nique »).

Marie Rabain est l’une des dernières sœurs dominicaines à avoir bien connu la « Singing Nun ». « Comme maîtresse des novices et membre du conseil de la prieure générale, elle se trouvait au cœur des négociations entre les différentes instances : la sœur, la société de disques, la congrégation, les autorités ecclésiastiques, les médias… ». Un film de Stijn Coninx (le réalisateur de Daems) s’apprête à nous rappeler, à travers Cécile de France qui l’incarnera, la tragique histoire de Sœur Sourire.

Brûlée aux feux de la rampe

C’est en 1963 qu’elle sortit son tube planétaire « Dominique ». En 1966, les autorités religieuses acceptent son « ex-claustration ». Elle dut renoncer à l’utilisation de son pseudonyme tandis que ses droits d’auteur continuaient à être versés à l’avocat du couvent en attendant qu’elle choisisse son propre homme de loi . Ce qu’elle négligea de faire pour son malheur… Bientôt, Sœur Sourire sera ruinée, harcelée par le fisc, roulée par tous… Elle fut « brûlée aux feux de la rampe », abandonnée par tous, même si, écrit sa biographe Florence Delaporte dans un ouvrage paru en 1996 chez Plon, « Fichermont et l’Église belge pouvaient se permettre largement de régler la dette fiscale sans se priver. Pour la charité et pour l’honneur. » Sœur Sourire sombra ensuite dans la dépression et l’alcoolisme. Le 1er avril 1985, on la retrouva étendue dans son lit avec son amie Annie Pécher dans leur appartement wavrien. Double suicide. Le jour même, la Sabam sortait un état trimestriel des droits d’auteur de Sœur Sourire : 571.658 francs !

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