FIERE DE SON PASSE,UNE INSTITUTION QUI PREPARE L'AVENIR

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La clinique St-Joseph d'Arlon, une des plus modernes du sud du pays, va fêter son centenaire

Fière de son passé, une institution qui prépare l'avenir

Du Lazaret-hôpital à la clinique et maternité, un siècle au service des souffrants

Il y a cent ans, les soeurs de Sainte-Elisabeth fondaient à Arlon un Lazaret-hôpital destiné aux soins des malades et des blessés de toute condition. Aujourd'hui, la clinique et maternité Saint-Joseph souffle avec fierté ses 100 bougies. Devenue une des plus modernes institutions hospitalières du sud du pays, et aussi un important pourvoyeur d'emplois, la centenaire sera en fête dès lundi.

Nouveau chef-lieu de la province de Luxembourg au lendemain de la révolution de 1830, Arlon se transforma rapidement et en profondeur. Les administrations de l'Etat et de la Province, les tribunaux et l'armée y élirent progressivement domicile.

Dès cette époque, on songa à doter la ville d'une institution moderne, capable d'aider les malades et les nécessiteux, mais il fallut encore trente ans avant de voir le projet commencer à se concrétiser.

Ouvert avec six lits en 1864, un hospice accueillait principalement les pauvres et les vieillards. Un orphelinat lui fut rapidement annexé. Avec l'autorisation de l'évêque de Namur, la congrégation des soeurs de Sainte-Elisabeth, établie à Luxembourg, prit ces deux institutions en charge. C'est alors qu'un terrible fléau sema partout l'épouvante: le choléra.

L'épidémie fit son apparition à Arlon le 11 juin 1866. L'administration communale prit aussitôt des mesures énergiques contre la maladie: désinfection constante des rues et égouts, fermeture des écoles, interdiction des réunions publiques, service médical gratuit, création d'un fumigatoire et transformation de l'hospice en infirmerie pour cholériques. Sur 47 malades hospitalisés, 17 seulement moururent. Les soins prodigués jour et nuit par les religieuses sauvèrent les autres. Pour exprimer sa reconnaissance aux soeurs de Sainte-Elisabeth, le gouvernement décerna sur proposition de la ville d'Arlon une médaille d'honneur à Soeur Clara, supérieure de l'hospice qui, par son action, venait de jeter les bases du futur hôpital d'Arlon.

ARLON, VILLÉGIATURE AGRÉABLE

A l'hospice, il était toutefois exceptionnel d'admettre des malades ou des blessés, encore moins des étrangers à la ville. A la demande des médecins, une troisième maison où ces catégories de personnes pourraient recevoir des soins fut créée. Le 12 septembre 1890, les soeurs Sainte-Elisabeth louaient à l'entrée d'Arlon, route de Luxembourg, l'ancienne propriété du directeur de l'Enregistrement, Auguste-Désiré Franquinet, et fondaient le premier «hôpital-lazaret» d'Arlon, placé sous la protection de Saint-Joseph.

La population fut bien vite convaincue que cette innovation répondait à un véritable besoin. En l'espace de trois ans, quelque 800 malades furent hospitalisés à la clinique. Devant ce succès, les religieuses achetèrent en confiance la propriété Franquinet (1,6 ha) pour la somme de 38.000 F. Des travaux d'agrandissement, des bains et même un institut hydrothérapique furent installés. Arlon, villégiature agréable, se voulait une des villes les plus saines d'Europe.

En 1896, l'hôpital Saint-Joseph comptait 80 lits pour malades et une vingtaine de religieuses, toutes luxembourgeoises, sauf quelques-unes de nationalité allemande. Pour faire face aux dépenses, la congrégation avait eu recours à l'emprunt.

Dans les années 20, l'hôpital se modernisa considérablement. Outre un ascenseur, une machine à moteur pour battre le linge, l'éclairage électrique dans toutes les pièces, une conduite spéciale pour amener l'eau, on installa à grands frais des appareils issus des découvertes récentes: rayons X et ultra-violets. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, de nouvelles constructions furent mises en chantier: une nouvelle aile en 1951, et une maison pour les soeurs en 1964 (elles étaient une quarantaine).

REPRISE PAR L'INTERCOMMUNALE

Dès la fin des «Golden Sixties», l'éternel problème du manque de lits, et surtout la spécialisation des nouveaux services médicaux, rendirent une extension supplémentaire obligatoire. Si des études furent lancées dès 1968, huit ans plus tard, la première pierre n'était pas encore posée tant les investissements à effectuer étaient importants. Une reprise de l'hôpital Saint-Joseph par l'Intercommunale de soins de santé du sud-Luxembourg, récemment créée, apparut comme le seul moyen d'assurer l'indispensable modernisation.

En 1976, les religieuses cédèrent terrain et bâtiments pour onze millions. Arlon et les communes voisines, soutenues par la Province, investirent aussitôt plus d'un demi-million de francs dans la construction d'une nouvelle aile et l'implantation de nouveaux services (radiographie, dyalise, médecine nucléaire et plus récemment scanner).

Aujourd'hui, la clinique et maternité Saint-Joseph est gérée par l'Association intercommunale d'oeuvres médico-sociales regroupant quinze communes des arrondissements d'Arlon et Virton. Elle comprend 154 lits et occupe 446 personnes. Une soixantaine de médecins sont attachés à l'hôpital doté de matériel ultra-moderne. Six religieuses sont toujours en activité et douze autres, retraitées, occupent la maison des soeurs. Fin 1990, la fusion des hôpitaux d'Arlon, Messancy et Athus sera terminée. Ainsi naîtra un nouvel ensemble hospitalier comprenant 306 lits. Une nouvelle page d'histoire de la clinique Saint-Joseph débutera.

JEAN-MARIE TRIFFAUX

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