GILBERT BOURDIN APPREHENDE APRES UNE EMISSION DE TELEVISION LE GOUROU DU MANDAROM ACCUSE DE VIOL

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Journaliste au service Culture Temps de lecture: 3 min

Gilbert Bourdin appréhendé après une émission de télévision

Le gourou du Mandarom accusé de viol

Le «messie cosmoplanétaire» Gilbert Bourdin (71 ans), alias «Sa sainteté le seigneur Hamsah Manarah», gourou de la secte des aumistes, présenté comme un personnage capable de «fulgurantes médiations» susceptibles de repousser les attaques cosmiques dont serait victime notre bonne vieille Terre, était à nouveau, ce lundi, le centre d'intérêt des autorités judiciaires de Digne-les-Bains : récemment accusé de viol par une ex-adepte au cours de l'émission «Bas les Masques» de France 2 du 7 juin, il a été interpellé (ainsi que 17 autres membres de la secte) au monastère dit du «Mandarom Shambhasalem», à La Baume de Castellane (dans le sud de la France), par des agents du SRPJ de Marseille et des gendarmes locaux agissant dans le cadre d'une commission rogatoire.

Mais si on en croit un communiqué de la secte elle-même, la perquisition, opérée discrètement au siège de l'organisation ce lundi matin, s'est doublée simultanément d'une autre perquisition au domicile d'un haut dignitaire du mouvement, Bernard Tong Viet, alias Robert Mathieu, ancien inspecteur central des impôts à Arles, auteur d'un ouvrage contestable intitulé « Le racket fiscal» et... conseiller fiscal de l'association.

UN PROJET PHARAONIQUE

COMBATTU EN JUSTICE

Les conflits judiciaires suscités en France par la communauté du Mandarom - l'équivalent belge, situé dans la banlieue immédiate de Bastogne, n'a jamais suscité la moindre friction à ce jour - ont été à ce point passionnés et complexes qu'ils méritent un rappel.

Deux dossiers distincts reviennent de manière récurrente, à savoir les plaintes relatives à des dossiers d'urbanisme, et les plaintes pour atteinte aux moeurs.

Le dossier d'urbanisme remonte au 16 avril 1992 lorsque la secte reçoit en toute légalité l'autorisation de construire un «temple pyramide de l'unité des religions», projet décrit comme mégalomaniaque et composé de quatre tours de 19 mètres, d'une pyramide de 15 mètres de côté, d'un encombrement de 2.500 mètres carrés au sol pour une hauteur totale de 30 mètres. Le tout dans une vallée sauvage jusque-là préservée... si ce n'est des autres constructions exubérantes de la même secte.

Après avoir épuisé le délai légal d'appel, la première pierre du «temple» sera posée le 22 août de la même année. Attaqué à deux reprises, le permis de bâtir sera confirmé, jusqu'au 20 décembre 1994, date à laquelle la Cour d'appel de Lyon annule la décision d'instance. La secte introduit alors un pourvoi auprès du Conseil d'État, dont le résultat était annoncé pour ce lundi, précisément. La secte avait bon espoir de renverser la vapeur.

Mais entre-temps, la secte vient plusieurs fois à la «une» de l'actualité médiatique dans un dossier moeurs, le dossier dit «Delcourt». Après une évocation au «13 heures» en novembre 1994, on avait vu dans une autre émission de TF1, diffusée en février dernier, un grand-parent se disputer avec sa fille sur la destinée de sa petite-fille. Appelé à témoigner une nouvelle fois dans le cadre de l'émission «Bas les masques» de ce 7 juin sur France 2 (émission que nous n'avons pas vue), il semble qu'un ou des membres de la famille Delcourt ai(en)t été plus catégorique(s), ce qui a décidé le juge Yves Bonnet, de Digne-les-Bains, à intervenir. D'où les devoirs d'instruction de ce lundi.

UNE ENQU ETE FISCALE

QUI REMONTE EN BELGIQUE

On ajoutera que la structure financière de la secte et des sociétés et associations qui y sont attachées - ainsi que le rôle peu clair joué par le fiscaliste Bernard Tong Viet - a valu à la secte diverses perquisitions fiscales, en janvier et février derniers.

Ce volet-là du dossier remonte en droite ligne vers la Belgique, puisque le développement du patrimoine de la secte s'opère notamment via une société-écran du Nord de la France gérée par un couple d'adeptes belges.

ALAIN LALLEMAND

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