Théâtre « Le Rossignol », d'après Andersen : Jacqueline Bir, un chant dans la gorge

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CRITIQUE

Encore un effet du réchauffement climatique : les rossignols n'attendent plus le printemps mais chantent dorénavant en hiver. Les zoologistes sceptiques n'auront qu'à vérifier à l'Espace Delvaux, puis à l'Espace Senghor. Imaginé par Dominique Corbiau, Le Rossignol, d'après Hans Christian Andersen, y propage actuellement son chant cristallin. Un bel oiseau conçu par une belle plume, à l'âme enfantine, mais ici surtout destinée aux adultes.

Inspiré de son amour pour une cantatrice surnommée « le rossignol suédois », Andersen créa Le Rossignol de l'Empereur de Chine, petit oiseau enchanteur traqué dans la quiétude de sa forêt pour devenir la propriété du palais avant d'être dédaigneusement remplacé par un rossignol mécanique incrusté d'or. On gardera le secret de la fin.

De la haute couture

Parabole de la simplicité, de l'authenticité et de l'art triomphant sur la vanité, l'artifice et les machines, ce conte méritait de la haute couture. Résultat ? Une composition musicale taillée dans l'étoffe la plus douce, des marionnettes ourlées par des mains de fée et une narratrice en habits de satin.

Cette conteuse, c'est Jacqueline Bir, que l'on retrouve ici en patricienne chinoise, actrice et spectatrice de ce conte sobre et intime, à mille lieues de son récent seul en scène phénomène, Oscar et la dame Rose, de Schmitt. « Après Oscar, il paraissait difficile de trouver mieux, avoue celle qui a bouleversé des milliers de spectateurs en Mamie Rose. Il fallait que je fasse tout autre chose pour prendre du recul. Ce projet hors du commun et ses disciplines, théâtre d'ombres et art lyrique, dont on parle peu, m'ont séduite. Sans parler du propos, cette idée que l'art peut apaiser les esprits, soigner en somme. »

Sans un geste, sauf celui de tourner les pages, et avec une voix qu'elle a travaillé dans le grave, en contrepoids au chant du Rossignol (le vibrant contre-ténor Dominique Corbiau), Jacqueline Bir orchestre sons et images avec son histoire. Dans la mise en scène de Gabriel Alloing, ciselée comme on soigne un bonsaï, musique et marionnettes se font acteurs. Piano, harpe, bols tibétains et clarinette répondent aux ombres de l'Empereur et des courtisans pour une heure et quart de pure poésie, magique comme le chant d'un rossignol.

Le 28 novembre à l'Espace Delvaux, 3 rue Gratès, 1170 Bruxelles (tél. 02-663.85.50).

Du 29 novembre au 1er décembre à l'Espace Senghor, 366 chaussée de Wavre, 1040 Bruxelles (02-230.29.88).

 

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