JEAN DE SELYS LONGCHAMPS EST MORT PEU DE TEMPS APRES SON EXPLOIT 1943 : LA GESTAPO CANONNEE A BRUXELLES

Jean de Selys Longchamps est mort peu après son exploit

1943: la Gestapo canonnée à Bruxelles

Le 20 janvier 1943, voici cinquante ans, le baron Jean de Selys Longchamps, capitaine aviateur dans la Royal Air Force, canonnait, au cours d'une attaque-surprise, l'immeuble de douze étages que la Gestapo occupait, à Bruxelles, au no 453 de l'avenue Louise. Par cet exploit, cet officier des Guides, passé à l'aviation afin de reprendre immédiatement le combat après la défaite de 1940, portait à l'ennemi un de ces coups symboliques qui le fit entrer dans la légende des guerriers et stimula l'espérance des Belges, soumis à l'occupation nazie.

Dans «Le Soir» des 11 et 12 décembre 1962, Louis Robyns de Schneidauer a longuement raconté cette entreprise dont Selys Longchamps avait seul pris l'initiative et qui porte la marque de son énergie et de son audace. Et ces qualités furent servies par la chance car, ce jour-là, la Luftwaffe effectuait sur Londres son plus grand raid de jour depuis la Bataille d'Angleterre. De très nonmbreux chasseurs-bombardiers avaient pris l'air. Aucun n'intercepta le «Typhoon» de l'aviateur belge qui fit feu de ses quatre canons de 20 mm sur le repaire de la Gestapo.

Les risques encourus n'avaient pas empêché l'aviateur d'orner de son habituel panache cette expédition qui montrait ce que l'héroïsme a d'un peu fou. Survolant Bruxelles, il laissa tomber des fanions aux couleurs nationales aux abords de la maison de ses parents et du Palais royal. Au retour, il répandra encore, sur Gand, de petits drapeaux belges.

Jean de Selys était un combattant ardent qui réclamait d'aller à la bataille. Il abattit plusieurs avions ennemis et s'attaqua à des vedettes rapides qu'il poursuivit jusqu'aux abords du port de Dunkerque. Cependant, la gloire ne le protégea pas du mauvais sort qu'il défiait quotidiennement. Le 16 août 43, son avion, touché par l'ennemi, s'écrasait à Margaret (Kent). Depuis 1947, une plaque, apposée sur l'immeuble qu'il canonna, rappelle son fait d'armes.

M. By.