Justice Dossier d'escroquerie L'ex-avocate de Nihoul ira en correctionnelle

Justice Dossier d'escroquerie L'ex-avocate de Nihoul ira en correctionnelle RENÉ HAQUIN

En 1997, un ressortissant mauricien, Iqbal Ollite, demandeur d'asile, s'estimant floué des honoraires versés pour une procédure qui n'avançait pas, porta plainte contre son avocate Virginie Baranyanka, alors conseil de Michel Nihoul.

Il dit lui avoir versé 150.000 FB (3.718 euros), produit un reçu puis fournit des traces de transferts bancaires pour 300.000 FB (7.436 euros) effectués après une réunion avec M e Baranyanka et deux ex-avocats, radiés depuis de l'Ordre et condamnés pour escroqueries et abus de confiance: Philippe Deleuze (décédé), qui lui avait été présenté comme un personnage influent de l'Office des étrangers, et Annie Bouty, l'ex-amie de Michel Nihoul, que le Mauricien avait reconnue à la TV lors de son arrestation dans le cadre de l'affaire Dutroux.

M e Baranyanka, inculpée d'escroquerie et d'abus de confiance, a soutenu, sans preuve, avoir signé avec son client un pacte sur honoraires pour 300.000 F, soit une sorte d'obligation de résultats faute de quoi elle s'engageait à reverser les deux tiers de la somme. Ce qu'elle a fait.

Le 27 septembre 1999, alors que M e Baranyanka annonçait qu'elle demanderait une remise, la chambre du conseil prit le dossier, mit l'affaire en délibéré et prononça un non-lieu. M e Emmanuel De Wagter, partie civile pour Ollite et sa garante M me Derasse, réclame le solde dû et deux fois 100.000 F à titre de dommage. Ils ont fait appel.

En juin 2000, la chambre des mises en accusation a annulé le non-lieu et renvoyé le dossier au juge pour devoirs complémentaires. En septembre 2001, contre l'avis du parquet général, elle a renvoyé l'avocate en correctionnelle. A l'audience du 15 octobre, les plaignants ont appris que Me Baranyanka s'était pourvue en Cassation. La Cour suprême a rejeté son pourvoi mercredi. L'affaire viendra devant la 55 e chambre ce 28 janvier.