LE PERE DE LAURENCE MATHUES A NEUFCHATEAU

Le père de Laurence Mathues à Neufchâteau

Hier, le père de Laurence Mathues a été reçu à Neufchâteau par le procureur du Roi et le juge d'instruction. Le 28 août 1992, il avait déposé Laurence à l'entrée de Walibi pour 8 h 30. Pendant le trajet, elle lui avait demandé l'autorisation de passer la nuit suivante chez une amie. Il avait réservé sa réponse, la priant de lui téléphoner à 16 heures. Puis il a rejoint son lieu de travail à Bruxelles. Le coup de fil de Laurence n'est jamais venu.

On sait par ses amies que Laurence est entrée à Walibi, qu'elle ôté son tee-shirt et se rhabilla en vêtements de ville, disant que son beau-père l'attendait sur le parking pour l'accompagner à Bruxelles prendre les résultats d'analyses de sang.

Un passant a découvert son corps le 7 septembre, caché sous des branchages sur le bord de la route de Franc-Waret à Neuville. Une lamentable erreur d'autopsie déboucha sur une mauvaise identification : Delphine, une autre disparue en fugue, voyant son portrait à la télé, avertit aussitôt ses parents qu'elle était vivante !

Il fallut une seconde autopsie pour identifier le corps de Laurence à la dentition et à une cicatrice sur l'abdomen. Les branchages qui le recouvraient indiquaient que le corps avait été déposé peu de temps avant la découverte mais que le décès remontait au jour de la disparition. La mort était due à l'absortion massive de médicaments dont la conjugaison permet d'affirmer que Laurence n'a pas pu se déplacer après les avoir ingurgités, et que la mort est intervenue rapidement. Probablement le jour même de sa disparition. C'est sur la base de ce constat que l'on peut aujourd'hui s'interroger sur l'implication éventuelle de Dutroux (chez lequel ont été saisis des barbituriques et des sédatifs en vrac).

Le juge d'instruction Jean-Pierre Marotte vérifia l'emploi du temps du père et du beau-père. Des témoins ont confirmé que le père de Laurence était bien venu au travail. Le beau-père était seul chez lui : les freins de sa voiture étaient défectueux et ne permettaient pas un déplacement jusqu'à Walibi, a-t-il dit. Mais des contradictions sont apparues lors de la vérification de cet alibi.

Quarante deux mois d'enquête ont débouché, à Namur, sur une conclusion que le père de Laurence n'accepte pas : un suicide ou une overdose. Avec l'appui de l'association «Marc et Corine», il a fait appel, mais la chambre des mises en accusation de Liège a confirmé la première conclusion de l'enquête.

Il reste donc, dans ce dossier, de nouvelles vérifications à faire : chercher dans la masse d'objets saisis chez Dutroux et chez ses complices la présence éventuelle d'un objet, d'un vêtement, d'un cheveu de Laurence. Si le dossier de la disparition de Laurence, refermé, doit être rouvert à Neufchâteau, ce sera un autre et triste exemple d'une enquête menée à l'écart du père qui continuait seul à chercher.

R. Hq.