LES RAFTS DES EXPLORATEURS SE RETOURNENT: 3 DISPARUS EN AMAZONIE. UN BELGE RETROUVE SAIN ET SAUF.

Les rafts des explorateurs se retournent: 3 disparus en Amazonie

Un Belge retrouvé sain et sauf

Renaud Lavergne, le chef de l'expédition sud-américaine, aussi parmi les sept rescapés; il avait déjà failli périr lors d'un raid sur le Zaïre.

L'expédition «Amazone 90» qui devait traverser l'Amérique du Sud en «raft», une sorte de radeau pneumatique, des Andes péruviennes jusqu'à l'embouchure de l'Amazone, n'aura duré qu'une semaine pour Renaud Lavergne, le vainqueur du fleuve Zaïre, et ses neuf compagnons, dont le Belge Bart Collier-Giovacchini.

Sept jours après le départ de Cuzco, l'ancienne capitale de l'empire Inca, l'expédition a fait naufrage, mardi dernier, dans un canyon perdu de l'Apurimac, cerné par des sommets à plus de 4.000 mètres.

Samedi, sept des membres de l'expédition, six Français, Renaud Lavergne, Didier Walter, le cameraman Claude Neumuller, Michel Lestra, Jean-Paul Galy, Daniel Gla zar, et le Belge Bart Collier-Giovacchini avaient été retrouvés sains et saufs. Les recherches se poursuivaient pour retrouver leurs trois coéquipiers - le Suisse Christian Buchbeck, et les Français Cyril Contandriodoulos et Pascal Odile, photographe de l'agence Sipa Press -, vraisemblablement perdus dans les montagnes désolées avoisinant les lieux du naufrage.

UNE ÉQUIPÉE

DE 7.000 KILOMÈTRES

Le projet de Lavergne et de ses équipiers était de descendre l'Apurimac, puis l'Ucayali, et enfin l'Amazone jusqu'à l'Atlantique, une équipée de près de 7.000 kilomètres jamais réalisée auparavant, à bord de deux canots. Les trois journalistes disparus devaient effectuer un reportage pour FR 3 sur le canyon de l'Apurimac. La période choisie, le début de la saison des pluies dans les Andes, rendait l'expédition extrêmement difficile, sinon périlleuse.

Malgré les mises en garde des autorités péruviennes, le 14 novembre dernier, toute l'équipe quittait Cuzco pour se rendre à pied d'oeuvre et commencer sa longue traversée du continent. Mais, mardi dernier, dans l'après-midi, alors qu'elles tentaient de franchir une série de rapides particulièrement délicats, les deux embarcations prises dans les eaux tumultueuses de l'Apurimac se renversaient et leurs occupants étaient disséminés le long des rives du fleuve.

«Amazone 90» était alors à quelque 180 kilomètres au nord-ouest de Cuzco. L'altitude du fleuve à cet endroit devait être de l'ordre de 1.800 mètres, a raconté, samedi, à son retour dans l'ancienne capitale Inca, le chef de l'expédition, Renaud Lavergne. Autour, les montagnes avoisinaient les 4.000 mètres.

Lavergne, qui en cours de route devait retrouver quatre de ses compagnons - Neumuller, Lestra et Collier-Giovacchini d'abord, sur les rives mêmes du fleuve, et Galy plus tard, dans la montagne -, a mis deux jours pour rejoindre, à pied d'abord, avec des chevaux et mulets prêtés par des paysans ensuite, le petit village de Curayasi. Puis encore une journée et demie pour regagner Cuzco, où Didier Walter était lui-même de retour depuis la veille.

Michel Lestra et notre ami belge qui était particulièrement en forme sont restés à Carayasi pour participer à une expédition de secours organisée par la police locale, a-t-il expliqué. Deux groupes se sont constitués, l'un qui va sur les lieux mêmes du naufrage, l'autre qui effectuera des recherches en aval.

Les trois derniers membres de l'expédition manquent encore à l'appel, mais Renaud Lavergne a la certitude que ceux-ci sont sortis vivants du naufrage et devraient être rapidement retrouvés quelque part le long du fleuve ou dans les montagnes environnantes.

Nous avons aperçu Christian Buch-beck bien vivant sur l'autre rive du fleuve, et nous savons à peu près où il est, a-t-il expliqué. Didier Walter a vu, lui, les trois autres qui dérivaient dans le fleuve accrochés à leur raft. Ils devraient être quelque part en aval. Le danger, c'est le froid, la faim et le découragement si les secours tardent, a souligné Renaud Lavergne.

RÉCIDIVER APRÈS

L'EXPÉRIENCE ZA"IROISE

Un hélicoptère de l'armée de l'air péruvienne a survolé, dimanche, la vallée de L'Apurimac. Les premières recherches n'ont pas donné de résultats et devaient reprendre ce lundi.

Ce n'est pas la première fois que Renaud Lavergne flirte avec la tragédie. En octobre 1986, alors qu'il conduit un raid sur le fleuve Zaïre pour tenter de relever le défi qui a coûté la vie, l'année précédente, à Philippe de Dieuleveult, son radeau pneumatique est pulvérisé dans les rapides d'Inga, à 250 kilomètres de Kinshasa. Sauvés par leurs gilets de sauvetage à très haute flottabilité, ils parviennent tous à aborder la rive d'une petite île, où un hélicoptère les récupérera sains et saufs. (AFP.)