LES REDOUTABLES BOMBES A SOUFFLE EN ACTION

Les redoutables «bombes à souffle» en action

La bombe à effet de souffle (FAE/fuel-air explosive bomb), que les Américains utilisent sur le front koweïtien, principalement pour ouvrir des couloirs dans les champs de mines irakiens, porte le surnom controversé de «bombe atomique du pauvre».

Cet engin possède un pouvoir de destruction dix fois supérieur à celui d'un explosif conventionnel. Ce qui, selon des experts, apparente ses effets à ceux d'une bombe nucléaire tactique de toute petite puissance, mais pour un coût bien moindre et moyennant une technologie comparativement sommaire.

Le 5 octobre dernier, le «Los Angeles Times» avait affirmé que l'Irak détenait aussi des bombes à effet de souffle. Interrogé par la presse, le Pentagone avait reconnu que Bagdad pouvait en posséder. Mais il avait minimisé les risques que cela ferait courir aux troupes américaines, en ajoutant que la puissance de cette arme n'approche en rien celle des armes nucléaires.

Baptisées «faucheuses de marguerites» par les aviateurs américains, ces bombes sont larguées depuis un avion ou un hélicoptère comme des bombes classiques. La FAE explose à une hauteur de 10 à 30 mètres avant de percuter le sol, dispersant un nuage de gaz propane ou d'oxyde d'éthylène en goutelettes qui crée une énorme boule de feu ainsi qu'une puissante onde de choc qui fait sauter les champs de mines.

Absorbant l'oxygène de l'air, la FAE asphyxie les soldats qui auraient survécu à l'intense chaleur et à la hausse brutale de la pression atmosphérique. Ces bombes avaient déjà été utilisés au Vietnam, notamment par les hélicoptères qui se créaient en les larguant des zones d'atterrissage. Elles peuvent être utilisées pour la préparation de zones de largage pour des troupes parachutées ou héliportées.

La plus grosse des bombes américaines de ce type, la CBU-55B, renferme trois engins contenant chacun une cinquantaine de kilos d'explosif liquide. La chute en est ralentie par de petits parachutes. (AFP)