LIFTING TERMINE DANS LES ATELIERS HERSTALLIENS LEOPOLD IER RETROUVE BIENTOT BRUXELLES

Lifting terminé dans les ateliers herstalliens

Léopold Ier retrouve bientôt Bruxelles

La monumentale statue du premier roi des Belges reprendra bientôt la route de Bruxelles. Pour être replacée au sommet de la Colonne du Congrès, à quarante mètres de hauteur. Le lifting confié au restaurateur herstallien José Lhoest, consacré «meilleur artisan de la Principauté», est terminé.

Au faîte du célèbre monument national, des assises nouvelles, mises en place elles aussi par le spécialiste herstallien et son équipe. Un ouvrage délicat et précis pour desceller les pierres de grès détériorées par le gel ou brisées, enlever les charpentes métalliques complètement rouillées, reconstituer plusieurs mètres cubes de pierres de taille ciselées, réparer le socle en bronze fissuré, fixer dans la colonne une ossature en acier inoxydable d'une dizaine de mètres.

Depuis le début du mois d'avril, explique José Lhoest, nous travaillons sur deux fronts. Au sommet du monument, où il était temps de prendre des mesures, et à Herstal, dans nos ateliers, où nous avons rendu son lustre à la statue royale. Ce n'était pas une mince affaire. La pièce, presque six mètres de haut, pèse deux tonnes et demie. Nous avons débarrassé chaque élément d'innombrables oxydations pour rétablir les surfaces lisses puis les patiner par réaction chimique appliquée en profondeur, à la flamme. Un procédé mis au point par les bronziers d'autrefois, idéal pour retrouver les teintes d'origine, avant le martelage et la ciselure.

On rappelle volontiers le symbole du retour de Léopold Ier à Herstal. C'est au nord de Liège, à la défunte Fonderie des canons, sous la direction de Victor Thiébaut, que furent coulés les bronzes de la statue royale (sculptée par Guillaume Geefs) et de trois autres ornant le piédestal de la Colonne; l'inauguration eut lieu le 26 septembre 1859. Récit de l'époque: «de la plate-forme supérieure, où seize personnes peuvent se tenir, accessible en gravissant 200 marches, on distingue, sans le secours de la lorgnette, un périmètre de 25 lieues, la capitale, ses faubourgs, plus de trente villes et villages».

On coula la statue monumentale en plusieurs pièces, ajustées sur des barres métalliques forgées et posées selon les formes à maintenir, raconte l'artisan herstallien. Ramener l'oeuvre au pays de Liège, c'était rendre hommage à notre artisanat, lui faire pleine confiance; c'était aussi se souvenir de Charles Rogier, à l'époque ministre de l'Intérieur, qui eut l'idée première de dédier une colonne au Congrès et à la Constitution, qui stimula le zèle de nos entrepreneurs. Le retour à Bruxelles, quand? Nous sommes prêts, nous attendons le signal, confirme José Lhoest. En deux mois et demi, l'équipe a bien travaillé. On se souvient de la descente impressionnante. Une grue, la flèche à 60 mètres de hauteur, pour déposer au sol le bronze géant. On dut s'y reprendre à deux fois, parce qu'à la première tentative le vent était trop violent. On réussit finalement le lundi 30 mars. Ce fut alors le convoi routier exceptionnel jusqu'aux bords de la Meuse. On va tout recommencer, en sens inverse.

La balle est dans le camp des autorités. Une certitude: tout doit être remis en place pour la fête nationale, le 21 juillet. Pas de problème pour nous.

Un beau chantier qui aura coûté quelque six millions!

É. B.