Ligue des champions - Coup d'envoi, ce mercredi soir, d'une nouvelle aventure européenne pour le Sporting bruxellois Très rapide, ce quitte ou double ! Le plus dur commence pour Kompany Ziyati : « Ma revanche sur le football belge » Polémique autour de Bratu Assistance réduite LIGUE DES CHAMPIONS Deuxième tour préliminaire

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Ligue des champions - Coup d'envoi, ce mercredi soir, d'une nouvelle aventure européenne pour le Sporting bruxellois

Très rapide, ce quitte ou double !

* Anderlecht s'attaque au Rapid Bucarest, un très gros morceau. Malgré les blessés, la confiance est de mise. Broos sait qu'il n'a pas droit à l'erreur.

JEAN-LOUIS DONNAY,

envoyé spécial

BUCAREST

Après une éclipse d'un an qui lui a valu plus de déboires que de satisfactions, Anderlecht renoue aujourd'hui avec la plus huppée des compétitions européennes. Mais gare à la casse ! Car s'il a conquis le privilège de se mêler aux meilleures équipes continentales, il n'a pas encore, loin de là, acquis la certitude de disputer dès septembre la très lucrative Ligue des champions.

Avant d'accéder aux portes du nirvana, il lui faudra disputer 4 matchs importantissimes. Mais le plus périlleux d'entre tous survient déjà ce mercredi soir, à Bucarest, où son adversaire roumain, auteur d'un parcours exemplaire dans son dernier championnat domestique remporté haut la main, l'attend avec tous les honneurs dus à son rang. L'équipe du Rapid, drivée par cette vieille connaissance de Mircea Rednic et animée par deux anciens acteurs de la compétition belge - le Standardman Godfroid et le Marocain de l'Antwerp Ziyati -, cette équipe, qui a tout raflé sur son passage, la saison dernière, au nez et à la barbe d'adversaires aussi redoutables que le Steaua ou le Dinamo entend bien mener la vie dure à nos compatriotes.

Même si la confiance est de mise dans le camp bruxellois, Hugo Broos et ses employeurs se méfient comme de la peste de cette opposition visiblement capable, dans un bon jour, de faire exploser les défenses les plus hermétiques. A cet égard, les absences conjuguées de De Boeck, Vanderhaeghe, Junior et Kolar, sans parler d'un Ilic convalescent, constituent sans conteste, au seuil de ce déplacement, un sérieux handicap.

Pour autant, l'entraîneur du Sporting s'efforce de garder la tête froide et exprime même une réconfortante sérénité qui tranche avec la mine déconfite affichée par le Brabançon, fin février, au soir de la retentissante déroute athénienne.

Je ne veux plus évoquer ce revers tant il me reste en travers de la gorge, nous confiait mardi, au départ de Bruxelles, le mentor du Parc. Plus j'ai ressassé, en pensées, les péripéties de ce match, plus je me suis dit qu'il s'est passé ce soir-là, dans nos rangs, des histoires pas très catholiques. On a commis des erreurs de marquage monstrueuses à l'arrière, certes, mais on n'a pas non plus été une seule fois dangereux à l'avant. Tout ça n'était pas normal. Et surtout, qu'on ne me parle plus de tactique. Celle-ci n'avait absolument aucun rapport avec l'ampleur de cette débâcle.

Au retour, en revanche, les supporters anderlechtois redécouvrirent une équipe métamorphosée, ambitieuse, entreprenante et pugnace avec les entrées de garçons comme Junior, Doll, Lovre et Deschacht.

Ce fut le déclic de notre renouveau, enchaînait Broos. Depuis, nous n'avons presque plus perdu un match. Si nous jouons à Bucarest comme nous l'avons fait en fin de saison dernière, je ne doute pas de notre réussite finale.

Fidèle à ses joueurs qui le tirèrent d'embarras, Broos est aussi demeuré, depuis lors, viscéralement attaché à son schéma tactique en 4-4-2 qui condamne pour l'heure Zetterberg à ronger son frein sur le banc de touche.

J'ai du respect pour le Rapid, mais nous devons croire en notre bonne étoile, martelait Broos qui considère néanmoins Bratu comme la terreur à neutraliser à n'importe quel prix. A cet égard, le jeune Vincent Kompany aura bien du mérite à justifier la confiance que place en lui le staff technique du Sporting.

Un Sporting qui n'a pas droit à l'erreur. Car, en cas d'élimination face aux Roumains, toute perche de salut lui serait refusée, le repêchage en UEFA n'étant garanti qu'aux victimes du troisième et dernier tour de chauffe. S'il ne se retrouve pas dans le peloton des 32 as en septembre après s'être débarrassé du Rapid mais aussi du vainqueur de Cracovie - Nicosie, le Sporting plongera dans la tourmente médiatique, dans la crise sportive et dans la débâcle financière, lui qui a déjà dû solliciter cet été de sa banque un crédit pont de 5 millions d'euros.·

Le plus dur commence pour Kompany

Références : néant ! Tel est, en résumé, le pedigree du jouvenceau appelé à disputer, en coupe européenne, son premier match officiel en remplacement de De Boeck.

Vincent, faites-nous le plaisir de vous présenter...

J'habite au coeur de Bruxelles où je suis né de mère ardennaise et de père congolais. J'ai une soeur et un frère de 13 ans, qui joue à Malines, pour le plaisir. Mon père est instituteur aux Arts et Métiers et a inventé une éolienne qu'il a fait breveter.

Comment avez-vous débarqué à Anderlecht ?

Par hasard. Je voulais faire du foot dès l'âge de 6 ans. On voulait m'attirer à Vilvorde et à Strombeek, mais c'est à Neeperde que j'ai atterri. J'ai mis deux ans à me rendre compte que je jouais pour le compte d'Anderlecht... alors que ça avait toujours été mon rêve de gosse.

Avez-vous toujours joué à l'arrière ?

Avec ma taille, chez les jeunes, j'ai souvent évolué comme demi défensif. Puis je me suis progressivement installé au stoppeur, au Sporting et dans les équipes nationales de jeunes.

On dit que des clubs comme le Real ou Manchester voulaient vous attirer. Vrai ou faux ?

Je ne déments pas mais je préfère poursuivre mon apprentissage au Sporting où j'ai signé un contrat pro jusqu'en 2006.

On vous dit nonchalant.

Nonchalant ou calme, c'est à chacun de juger. Je garde en tout cas la tête froide car je sais que tout va très vite, dans un sens comme dans l'autre. Le plus dur ne fait que commencer...·

J.-L. D.

ENTRETIEN

Nom. Vincent Kompany.

Date de naissance. 10 avril 1986.

Nationalité. Belge.

Mensurations. 1,93 m ; 80 kilos.

Ziyati : « Ma revanche sur le football belge »

Bucarest étouffe dans la canicule. Encore heureux qu'avec le concours du décalage horaire, le coup d'envoi de la rencontre de ce soir ait été programmé à 21 heures, heure locale. Il n'empêche qu'il faudra être sacrément résistant pour tenir la distance dans la fournaise du stade national. Et pour ne rien arranger... Je compte beaucoup sur l'appui inconditionnel de nos supporters, nous confiait en début de semaine Mircea Rednic, l'homme par lequel est survenu le miracle du Rapid.

Avant son arrivée au pouvoir, voici un an et demi, celui-ci devait vivre sous la férule de ses éternels rivaux qui, de tout temps, l'ont écrasé de sa puissance. Soutenu jadis par l'armée, le Dinamo a trusté les titres tout comme le Steaua, sacré champion d'Europe en 1986 après avoir bénéficié sous l'ère socialiste des faveurs de la police. Subventions occultes et appuis politiques ont toujours alimenté les caisses de ces clubs chargés de mystère. A l'époque sous la coupe du ministère des Transports, le Rapid n'a pas échappé à cette forme communisante du football. Les temps ont changé, mais les problèmes demeurent. A l'instar de la plupart des clubs de l'élite roumaine, l'adversaire du Sporting se trouve aujourd'hui dans le collimateur du fisc. Il doit tellement d'argent à l'Etat que ses comptes sont bloqués.

Nous ne sommes pas riches, admet Rednic qui voue à son président, Georges Copos, un homme d'affaires avisé, une dévotion sans borne. Il n'a pas été facile, dans ces conditions, pour le Rapid de repousser cet été des offres alléchantes venues de l'étranger. S'il a accepté de se séparer de son arrière gauche international Rat, vendu pour 2,5 millions d'euros à Donetsk, il est parvenu à garder au bercail son précieux médian Iencsi, convoité sous forme de prêt par l'AEK, et surtout son redoutable attaquant Bratu pour lequel Galatasaray était prêt à débourser 3,5 millions d'euros.

Quand on sait que notre budget annuel avoisine les 3 millions d'euros - NDLR, le dixième de celui d'Anderlecht -, vous comprendrez mieux le sacrifice consenti par nos dirigeants à l'aube de cette saison, ajoute l'entraîneur. En vérité, le Rapid entend tout mettre en oeuvre pour arracher sa qualification pour la C 1.

Nous avons promis à Bratu, qui boude un peu, de le libérer si nous devions échouer contre les Belges, enchaîne Rednic, un gentleman qui aura marqué de son empreinte l'histoire du Standard. Transféré de Bursa après avoir acquis ses lettres de noblesse et son statut d'international au Dinamo, cet arrière modèle débarqua au Standard en 1991. Il y joua 5 ans avant de mettre le cap sur Saint-Trond et de rentrer au pays, non sans avoir conquis à Sclessin une Coupe de Belgique et 2 titres de vice-champion.

Et dire que, jamais de ma vie, je n'ai battu Anderlecht, se lamente-t-il. Ni avec les Rouches, ni avec les Canaris, ni avec le Dinamo avec lequel j'avais affronté le Sporting, ma bête noire, en 1990, en Coupe des coupes.

Elevé au poste d'entraîneur fédéral adjoint sous la houlette de Boloni, Rednic fut promu général en chef du Rapid voici un an et demi. Ses connexions liégeoises lui permirent, par l'entremise de Freddy Luyckx, de transférer l'an passé Manu Godfroid, auteur d'une saison remarquable sur le flanc gauche de la ligne médiane. Toujours par l'entremise de l'imprésario principautaire, il acquit aussi Bisconti, aujourd'hui reparti sous d'autres cieux, avant de recruter le Marocain de l'Antwerp Ziyati qui, en qualité de no 10, a fait très forte impression sur son entourage lors du stage récemment effectué en Suisse par le Rapid.

Cet affrontement avec Anderlecht, je le considère comme une revanche à prendre sur le football belge qui m'a snobé la saison passée, a lancé Ziyati aux collègues roumains venus prendre le pouls de leur équipe à la veille de ce match aller. Une profession de foi qui aura au moins le mérite de tenir éveillés les Anderlechtois !·

J.-L. D.

Polémique autour de Bratu

C'était, mardi soir, le seul sujet de conversation des supporters du Rapid. Il se murmurait, en effet, avec insistance qu'en dernier ressort Rednic renoncerait à aligner son puncheur Bratu convoité par Galatasaray. Les Turcs ont effectué un forcing effréné, ces derniers jours, pour acquérir l'international roumain qui afficha à l'entraînement de lundi un tel désappointement que son entraîneur se demandait, non sans raison, s'il devait l'aligner ce mercredi soir. Mais l'affaire s'est décantée in extremis à la suite de la promesse faite par le président de le libérer prochainement pour Besiktas où entraîne un certain Lucescu. En réalité, Rednic comme son président étaient prisonniers du règlement de l'UEFA qui interdirait à Bratu de jouer cette saison pour un autre club européen s'il rencontrait ce mercredi Anderlecht. Mais Bratu s'est rangé à l'idée de jouer un an encore au Rapid avec l'assurance de rejoindre ensuite la Turquie. Affaire classée, en conséquence, en principe... (J.-L. D.)

Assistance réduite

On n'attend guère plus de 20.000 spectateurs, ce soir, dans une enceinte qui peut en contenir 3 fois plus. Le stade du Rapid, en réparation, n'étant pas conforme aux normes réglementaires de l'UEFA, l'adversaire du Sporting a dû se résoudre, la mort dans l'âme, à émigrer au stade national. (J.-L. D.)

LIGUE DES CHAMPIONS Deuxième tour préliminaire

RAPID BUCAREST - ANDERLECHT

RAPID BUCAREST. Dossey, Iencsi, Naftei, Perja, Brada, Ilyes, Ziyati, Godfroid, Soava, Bratu, Nicolae. Réserves : Dolha, Bordeanu, Nita, Pieta, Buta, Brujan, Costantinou, Makinwa, Lutu.

ANDERLECHT. Zitka, Doll, Kompany, Tihinen, Deschacht, Lovre, Hasi, Baseggio, Seol, Dindane, Jestrovic. Réserves : Peersman, Zewlakow, Ilic, Wilhemsson, Hendrikx, Zetterberg, Mornar.

Observations. Kompany est, après Babayaro et Lamptey et avant Scifo et Baseggio, le troisième plus jeune joueur jamais aligné par Anderlecht en Coupe d'Europe. Le Rapid, qui s'était qualifié face à Charleroi en 1994, au premier tour de la C3, a été éliminé en 1975, en seizièmes de la C2 par Anderlecht qui a déjà affronté 6 fois un adversaire roumain, seul le Steaua l'ayant éliminé en 1986, en demi-finales de la C1. Fâché de sa non-titularisation, Hendriks menaçait de quitter le club pour les Pays-Bas où il aurait des contacts. (J.-L. D.)

Arbitre. Stredach (Svq).

Coup d'envoi : 20 heures (heure belge).

Télé. Canal +.

DEUXIÈME TOUR PRÉLIMINAIRE

Aller : 30 juillet

Retour : 6 août

1. MTK Budapest (HUN) - HJK Helsinki (FIN)

2. FC Pyunik (ARM) - CSKA Sofia (BUL)

3. BK Kaunas (LIT) - Celtic Glasgow (ECO)

4. Leotar Trebinje (BOS) - Slavia Prague (TCH)

5. Sh. Tiraspol (MOL) - Shakhtar Donetsk (UKR)

6. MSK Zilina (SVQ) - Maccabi Tel-Aviv (ISR)

7. Bohemians Dublin (EIR) - Rosenborg (NOR)

8. NK Maribor (SLO) - Dynamo Zagreb (CRO)

9. CSKA Moscou (RUS) - FK Vardar (MCD)

10. Rapid Bucarest (ROU) - Anderlecht

11. Partizan Belgrade (SEM) - Djurgarden (SUE)

12. Wisla Cracovie (POL) - Omonia (CHY)

13. FC Copenhague (DAN) - Sliema (MLT)

14. KF Tirana (ALB) - Graz AK (Aut)

TROISIÈME TOUR PRÉLIMINAIRE

Aller : 12-13 août

Retour : 26-27 août

Vainqueur match 9 - Sparta Prague (TCH)

Vainqueur match 1 - Vainqueur match 3

Glasgow Rangers (ECO) - vainqueur patch 13

Austria Vienne (AUT) - Marseille (FRA)

Bruges - Borussia Dortmund (ALL)

Vainqueur match 5 - Lokomotiv Moscou (RUS)

Lazio Rome (ITA) - Benfica (POR)

Dynamo Kiev (UKR) - vainqueur match 8

Vainqueur match 7 - La Corogne (ESP)

Grasshopper Zurich (SUI) - AEK Athènes (GRE)

Vainqueur match 6 - Chelsea (ENG)

Celta Vigo (ESP) - vainqueur match 4

Vainqueur match 11 - Newcastle (ENG)

Galatasaray (TUR) - vainqueur match 2

Vainqueur match 10 - vainqueur match 12

Vainqueur match 14 - Ajax Amsterdam (PBS)

Les vaincus de ce tour reversés en Coupe UEFA.

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