MICKEY EN EUROPE, UNE LOCOMOTIVE POUR L'ACTIVITE DES PARCS DE LOISIR WALIBI EST SANS COMPLEXE

Mickey en Europe, une locomotive pour l'activité des parcs de loisir

Walibi est sans complexe

Une stratégie d'investissements face à la concurrence d'Eurodisney.

Le groupe Walibi qui avec 3,8 millions de visiteurs se classe en cinquième position mondiale, après les géants américains Disney (41 milions), Anheuser Busch et Six Flags (20 millions) et Kings Entertainment (10 millions) ne craint pas la concurrence d'Eurodisney à Marne-la-Vallée qui s'est fixé, pour son année inaugurale, un chiffre de 11 millions de visiteurs. Bien au contraire, l'arrivée de Mickey sur l'Ancien Continent va donner un coup de fouet aux parcs existants qui vont devoir investir et améliorer la qualité de leur produit pour satisfaire une clientèle rendue plus exigeante.

Pour le fondateur de Walibi, M. Meeus qui croit que le succès d'Eurodisney ne fait pas de doute, le défi sera bien tenu et la seule parade consiste à améliorer la qualité. A moindre échelle, c'est ce qui est arrivé en 1975, sur le marché plus limité de la Belgique, lors de la naissance de Walibi qui a accueilli à cette époque 45.000 visiteurs. Cela a donné un élan à l'ensemble du secteur à la tête duquel Walibi s'est retrouvé en 1991, avec 4,7 millions d'entrées, représentant 55 % du marché belge, cela grâce à l'apport du 1,6 million de visiteurs du parc de Wavre et du million de visiteurs de Bellewaerde et sans tenir compte des 400.000 visiteurs de Mini-Europe au Heysel.

LA BELGIQUE EN T ETE

DU PELOTON

En attendant la publication à la mi-mars du bilan consolidé, M. Fallon a pu annoncer que la prévision d'un chiffre d'affaires de 2,227 millions a été nettement dépassée grâce à un taux de croissance se situant autour de 28 %. Non seulement le parc de Wavre (où 350 millions sont en cours d'investissement) tient ses promesses, mais c'est aussi le cas pour les parcs français de Rhône-Alpes qui va vers son demi-million de visiteurs et celui de Metz qui, pour sa première année de reprise, a enregistré 400.000 entrées. Dans chacun de ces deux parcs des investissements de plus de 100 millions sont programmés. L'objectif est de réduire les temps d'attente dans les diverses attractions en accroissant la capacité horaire qui va bientôt passer à Wavre de 21.000 à 23.000 unités.

Tout indique que l'expansion du secteur est loin d'être arrivée à son terme. D'une part, le tourisme d'un jour qui fournit la grande masse de la clientèle des parcs de loisir est en progression constante, suite à une tendance de plus en plus généralisée de morcellement des vacances. D'autre part l'Europe est encore fort loin de la saturation dans ce domaine. Si en Belgique - le pays le mieux équipé - on compte 47 visites dans les parcs de loisirs pour cent habitants, on n'arrive à peine en France à treize visites. Par contre aux Etats-Unis, la fréquentation représente plus du double de celle de la Belgique avec cent visites par cent habitants, Disney s'en attribuant seul 16,5 %.

NÉCESSITÉ D'INVESTIR

Dans sa prospective, le groupe Walibi s'attend à une progression moyenne de 10 % en Europe, au cours des dix prochaines années, ce qui permettrait de passer de 60 à 150 millions de visiteurs. A ce moment-là, on ne serait encore qu'à mi-chemin de la performance américaine avec 44 visiteurs par cent habitants. L'objectif de Walibi qui contrôle actuellement 6,5 % du marché européen est d'arriver, dans le même délai, à 10 % soit 15 millions de visiteurs, ce qui impose une croissance annuelle de 15 %.

Ses trois moyens pour y parvenir sont: assurer une croissance interne par une politique d'investissements dans ses parcs propres, créer de nouveaux parcs comme celui d'Aquitaine qui s'ouvrira en mai prochain et racheter des parcs existants. Ces trois axes ont bénéficié respectivement de 37, 17 et 45 % des moyens disponibles, sur base de la croissance de 28 % observée entre 1986 et 1991.

Comme M. Meeus l'a souligné Walibi ne fait aucun complexe à l'égard d'Eurodisney qui va agir comme une véritable locomotive. Il va contribuer, dit-il, à donner ses lettres de noblesse au secteur en intéressant un public qui sera élargi jusqu'au troisième âge. Il provoquera un effet induit dont bénéficieront tous les autres parcs. Eurodisney restera toutefois une attraction plus coûteuse - et donc moins démocratique - (avec une entrée à 1.300 FB contre 570 FB à Walibi) surtout si l'on ajoute les frais de transport et de logement.

PIERRE BARY