Nazis sans frontières : les liens entre Degrelle et le Vlaams B.

Nazis sans frontières : les liens entre Degrelle et le Vlaams B.

BÉNÉDICTE VAES

Voici la preuve, éclatante, que les nazis tissent leur toile au-delà des frontières géographiques et... communautaires. Cette photo de la rencontre entre Léon Degrelle et Adolf Hitler est dédicacée par le premier à son très cher ami flamand, Koen Dillen. Elle lui fut offerte le 11 juillet 1992, en souvenir de la bataille des Eperons d'or (1302), date emblématique du nationalisme flamand.

Degrelle, fondateur du parti Rex (22 sièges sur 202 à la Chambre en 1936) fut l'âme damnée de la collaboration francophone. Il créa la Légion Wallonie qui combattit sur le front de l'Est, comme division de la Waffen SS. Ce criminel de guerre fut condamné à mort par contumace.

Réfugié en Espagne, celui qui déclara : J'étais et je suis plus que jamais hitlérien reçut chez lui, jusqu'à sa mort en 1994, d'innombrables pèlerins de l'extrême droite. Dont Koen Dillen (photo du bas). Fils du fondateur du Vlaams Blok, celui-ci est euro-député du parti de la haine. Il siège notamment à la commission... des libertés civiles !

Un vent favorable a transmis ces documents à Jean-Claude Defossé, journaliste de la RTBF, auteur des émissions « La face cachée du Vlaams Blok » et « L'arrière-cuisine du FN » (qui sera diffusée ce mercredi). Koen Dillen s'est défendu de toute sympathie nazie, affirmant : J'ai rencontré Degrelle dans le cadre de mon travail universitaire.

« Recherche d'étudiant » ? Faux ! Filip Dewinter, le chef de file du Vlaams Blok-Belang, célèbre lui aussi le culte de Léon Degrelle. Werner Trio, journaliste de la VRT, affirme avoir vu une photo similaire lorsqu'il s'est rendu, en 1992, au domicile de Filip Dewinter, à Merxem. Le portrait de Degrelle, dédicacé à mon cher ami Filip, trônait en bonne place.

Jusqu'à sa mort, le chef des nazis wallons était donc le souffleur préféré des néonazis flamands. Malheureusement, ces images n'ont pas été diffusées par la VRT à laquelle la RTBF les a proposées. Le chef de l'info, Wim Willems, fait savoir que ces clichés ne l'intéressent pas. Motif invoqué : ils seraient connus depuis longtemps en Flandre. Faux ! Ils ont été diffusés pour la première fois jeudi dernier sur le site antifasciste blokwatch.be, avant que celui-ci ne soit « suspendu » après une attaque informatique. La VRT juge d'ailleurs Koen Dillen peu connu. Voilà comment on banalise le fan d'un criminel de guerre.·