Reproduction d'une statue de Ianchelevici Le port des yachts accueille un plongeur bien emmailloté!

Reproduction d'une statue de Ianchelevici Le port des yachts accueille un plongeur bien emmailloté!

S ymbole d'un Liège conquérant, comme dirait l'échevin Michel Firket, le Plongeur de Ianchelevici a bien belle allure... si l'on excepte les mètres de cellophane qui l'enrubannaient encore ce vendredi matin!

Message subliminal de la ville en faveur du port du préservatif?? Pas vraiment. La vérité est bien plus drôle... Ayant omis d'enlever l'emballage plastique lorsque la statue a été installée, les autorités communales ont du faire face à un problème non envisagé jusqu'alors, à savoir «comment déballer le Plongeur»? A grands problèmes, grande échelle pouvait-on répondre ce 9 juin, puisque les pompiers ont été appelés dare-dare au port des yachts pour tenter de venir à bout de l'épineux problème. Hélas! La grande échelle n'était pas assez longue pour atteindre l'oeuvre du scuplteur et la déshabiller. Mais, pas de panique, le Plongeur a retrouvé sa tenue d'Adam pour la présentation au public.

DE L'EXPO DE L'EAU À L'AN 2000

Petit retour en arrière... Du 20 mai au 1er septembre 1939, la ville de Liège accueille l'exposition internationale de l'eau. De nombreuses sculptures ornent le parcours des visiteurs, mais l'une d'entre elles ressort particulièrement: le Plongeur d'Idel Ianchelevici, artiste roumain émigré en Belgique en 1928 et premier prix à l'Académie des Beaux-Arts de Liège en 1933. Cette oeuvre de plâtre ne peut résister aux intempéries, et les édiles, portés par l'enthousiasme populaire, décident de fabriquer une réplique exacte du premier Plongeur en ciment. Mais la guerre arrive et l'oeuvre est oubliée dans les caves du Palais des Beaux-Arts.

En 1998, la cellule Art Public de l'échevinat de l'environnement de Liège décide de dépoussiérer ce dossier et part à la recherche de fonds pour ériger une version définitive du Plongeur au port des yachts. Le 11 avril dernier, la phase de réalisation commence sous les mains de l'artiste liégeois Victor Paquot. La mouture 2000 du Plongeur n'a pas pris une ride, mais elle s'inscrit dans un climat plus moderne grâce à sa fabrication en polyester sur structure métallique. Au final, c'est une oeuvre de 3,20 m de haut, placée sur un arc de 10 m de rayon qui orne le port des -yachts. Pour un budget total d'un peu plus de deux millions, le Plongeur roumano-liégeois a retrouvé la place qui lui était due.

V. F.