Sports (Série 2/2)- Des Liégeois dans l'histoire des Jeux olympiques Avant Justine, la cerise sur le gâteau de Dominique Monami Robert Van Lancker, sprinter de la mauvaise époque

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Sports - Des Liégeois dans l'histoire des Jeux olympiques

Avant Justine, la cerise sur le gâteau de Dominique Monami SÉRIE (2/2)

DANIEL CONRAADS

Agrave; 31 ans, Dominique Monami est la benjamine des membres du « club » très fermé des médaillés olympiques de la province de Liège. Elle a d'ailleurs pris sa retraite sportive depuis moins de quatre ans.

La Verviétoise à la morphologie fluette, mais au tempérament de battante, s'est hissée jusqu'au neuvième rang du gotha du tennis féminin. Elle fut la première belge a s'être propulsée dans le « top 10 » de la hiérarchie tennistique mondiale. Elle a ainsi disputé les prestigieux tournois du grand chelem (comme Wimbledon et Roland-Garros), et les Jeux auxquels elle a participé en 2000 à Sidney n'auraient donc pu constituer, à ses yeux, qu'une parenthèse, dans un parcours sportif riche en sensations. Elle considère cependant cette participation olympique comme la cerise sur le gâteau de sa carrière. Il est vrai que la Verviétoise a récolté avec l'Anversoise Els Callens, la médaille de bronze du tournoi de double en s'imposant à la paire biélorusse Zvereva-Barabanschikova . Aux JO, on a l'occasion de côtoyer de milliers d'athlètes d'autres disciplines et on défend aussi les couleurs de son pays. Une participation aux jeux, c'est une sorte de couronnement pour un sportif, s'enthousiasme-t-elle.

En 2000, Dominique Monami et Els Callens figuraient parmi les bonnes équipes de double du circuit international. La route de la victoire olympique leur semblait cependant barrée puisque, sur leur chemin, se dressait le duo des soeurs Vénus et Sérena Williams qui faisaient déjà figures de terreurs. Cette année-là, les deux soeurs balayaient tout le monde sur leur passage. Avec Els Callens, nous les avons affrontées en demi-finale. Nous avons été battues, mais nous les avons sérieusement accrochées en début de match puisque nous avons mené 3-1 dans le premier set, se souvient-elle.

Quelques mois plus tard, Dominique Monami mettait un terme à sa carrière. Dans sa reconversion professionnelle, elle est partiellement restée dans le milieu du tennis puisque, avec une autre ex-championne de Belgique verviétoise, Michèle Gurdal, elle prodigue des cours à Barchon. Elle tient aussi une rubrique dans le mensuel « Play Tennis » . Elle a également officié comme consultante à la RTBF et à AB3. Bilingue (elle vit aujourd'hui dans les environs de Malines), elle tient le même rôle à VRT (on a pu la voir en studio lors de la finale de Roland-Garros entre Justine Henin et Kim Clijsters.) et sur Sporza, la chaîne sportive de la télévision publique flamande.·

Robert Van Lancker, sprinter de la mauvaise époque

DANIEL CONRAADS

Les jeux de 1968 à Mexico ont marqué l'histoire de l'olympisme. Tout d'abord, parce qu'ils se disputèrent en altitude (à plus de 2.200 m). Ensuite, parce que certains médaillés noirs américains y menèrent des actions pour protester contre la ségrégation raciale dans leur pays. Enfin, parce que Bob Beamon y réussit ce qui fut considéré comme l'« exploit athlétique du siècle » en sautant 8m90 en longueur ! La délégation belge brilla, en revanche, par sa discrétion. Elle n'engrangea que deux médailles : l'argent pour l'haltérophile Serge Reding et le bronze pour le duo cycliste bruxello-liégeois Daniel Goens-Robert Van Lancker. Les deux compères montèrent sur la troisième marche du podium en course de vitesse en tandem, épreuve qui disparut du programme des JO dès 1976.

À l'époque, cette performance engendra bien moins de retombées médiatiques que la médaille de bronze qu'Axel Merckx vient de décrocher à Athènes. Elle n'avait guère non plus engendré des effusions de joies dans la délégation belge. On n'avait pas débouché le champagne, pas même une bouteille de cidre, se rappelle le Liégeois. Les deux coureurs, eux-mêmes, ne se rendirent pas exactement compte de la portée de leur performance. Nous étions jeunes et moi je considérais simplement cette participation aux jeux comme une étape dans ma carrière avant de passer chez les professionnels, se souvient Robert Van Lancker, aujourd'hui âgé de 58 ans. La spécialité du coureur de Montegnée, c'était, en effet, la vitesse individuelle. Et dans cette discipline, il se tailla un palmarès enviable en décrochant huit titres de champion de Belgique, mais, surtout, en remportant les championnats du monde en 1972 et 1973. Ses prouesses ne s'avérèrent cependant guère lucratives.

Je suis né à une mauvaise époque. En Europe, le cyclisme sur piste était en déclin. Au Japon, les courses sur vélodrome étaient très populaires et pécuniairement très intéressantes. Hélas pour moi, elles restaient fermées aux coureurs étrangers qui n'y ont été invités que bien plus tard alors que j'avais pris ma retraite, soupire-t-il.

Faute de contrats, Robert Van Lancker a donc mis un terme à sa carrière cycliste à 29 ans. « Émigré » en région bruxelloise depuis une trentaine d'années, l'« homme de bronze » des jeux mexicains a travaillé longtemps comme mécanicien pour le siège du Bénélux d'une grande marque automobile.

Lorsque cette firme a fermé ses portes, il s'est recasé au service d'entretien du complexe de Molenbeek Sport.·

 

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