Un étudiant «belge» a tué Massoud Afghanistan L'assassinat du commandant Massoud, le «Lion du Panshir», commandité par Al-Qaida Le kamikaze avait étudié à Bruxelles

Un étudiant «belge» a tué Massoud FRÉDÉRIC DELEPIERRE

Les enquêteurs belges et français avaient déclaré voici quelques jours avoir identifié l'un des deux terroristes kamikazes qui ont assassiné le commandant Massoud, le 9 septembre en Afghanistan, en refusant de dévoiler son nom. Jeudi, des investigateurs belges ont révélé que l'homme s'appelait Dahmane Abd Al Sattar, un Tunisien de 39 ans.

Diplômé en journalisme dans son pays, le terroriste a également étudié à l'UCL, à l'ULB et à la VUB. Selon les enquêteurs, les études du Tunisien lui servaient de couverture à son activité de représentant actif en Belgique du mouvement Al-Qaida d'Oussama Ben Laden.

Par ailleurs, les hommes de la DST ont acquis la conviction que l'assassinat du «Lion du Panshir» avait été commandité par Al-Qaida et exécuté par un mouvement tunisien représenté à Bruxelles et dont Dahmane était un relais.

Néanmoins, selon un membre de ce groupe arrêté en France, l'aile bruxelloise du mouvement était essentiellement chargée du commerce de passeports et de visas volés. Elle s'occupait aussi du recrutement pour les camps d'entraînement d'Al-Qaida en Afghanistan.

Les enquêteurs ont toutefois acquis la conviction que ces combattants tunisiens avaient eu à plusieurs reprises des contacts avec des mouvements terroristes projetant des attentats contre des intérêts américains en France.

Afghanistan L'assassinat du commandant Massoud, le «Lion du Panshir», commandité par Al-Qaida Le kamikaze avait étudié à Bruxelles

Enquêteurs français et belges tirent les premières conclusions. La mouvance tunisienne de Belgique, dont le kamikaze Dahmane Abd Al Sattar, a joué un rôle important dans la mort du commandant.

FRÉDÉRIC DELEPIERRE

Les enquêteurs français ont la certitude que l'assassinat du commandant Ahmed Shah Massoud, perpétré le 9 septembre dernier en Afghanistan par deux faux journalistes, a été commandité par le mouvement d'Oussama Ben Laden, Al-Qaida. Les auteurs seraient bel et bien issus d'un groupe d'islamistes tunisiens implanté en Europe. Selon un article paru dans le quotidien «La Provence», les enquêteurs sont parvenus à ces conclusions après avoir identifié l'un des tueurs et interpellé l'un de ses bras droits, voici quelques jours dans le nord de la France. Entendu par les hommes de la DST, l'homme a néanmoins nié toute implication dans l'attentat mortel.

La justice belge, comme la française, avait confirmé voici plusieurs jours, que l'un des deux meurtriers du comandant Massoud avait pu être identifié, sans toutefois révéler son identité. Détenteur d'un faux passeport belge volé, l'homme s'appelait en fait Dahmane Abd Al Sattar. Il était Tunisien et était âgé de 39 ans, comme l'ont confirmé jeudi des responsables belges de l'enquête sur les passeports belges volés à La Haye et Strasbourg.

Il utilisait sa couverture bruxelloise afin de diriger une cellule d'Al-Qaida composée de Tunisiens

Selon ces mêmes enquêteurs, l'homme possédait une maîtrise en journalisme obtenue en Tunisie. Il avait utilisé ce diplôme afin d'entrer en Belgique à la fin des années 80 où il avait prétexté vouloir poursuivre ses études. Il s'est d'abord inscrit à l'Université catholique de Louvain (UCL), avant d'effectuer un bref séjour à l'Université libre de Bruxelles (ULB) pour ensuite se rabattre sur son aile néerlandophone, la VUB. Toujours dans la section de journalisme.

Dahmane Abd Al Sattar disposait d'un permis de séjour durant ses études. Par la suite, il a fait l'objet d'un demande d'expulsion en 1999 car son autorisation était périmée. Toujours selon les enquêteurs français, il utilisait sa couverture bruxelloise afin de diriger une cellule d'Al-Qaida composée d'activistes tunisiens, dont trois membres présumés ont été arrêtés depuis la semaine dernière. Les enquêteurs belges précisent aussi que le complice d'Abd Al Sattar est sur le point d'être également formellement identifié.

Le 9 septembre, les deux hommes munis de passeports belges volés avaient réussi à décrocher une interview du commandant de l'Alliance du Nord en se faisant passer pour des reporters d'une télévision arabe. Leur souhait aurait été de réunir tous les leaders de l'Alliance dans le but de la décapiter. Ils ont échoué. Mais l'explosion de leur caméra piégée a quand même causé la mort de Massoud.

Par ailleurs, toujours selon «La Provence», Adel Tebourski, un Français d'origine tunisienne arrêté le 26 novembre dans une ferme du nord de la France a déclaré lors d'interrogatoires qu'il connaissait Dahmane Abd Al Sattar. C'est d'ailleurs lui qui aurait réglé le billet d'avion du meurtrier de Massoud un an à l'avance. Il a également avoué avoir été l'adjoint du kamikaze à Bruxelles. Tebourski a, enfin, déclaré que l'aile belge du mouvement se contentait de fournir des faux papiers et visas. Elle s'occupait aussi, selon lui, de recruter des moudjahidins pour les camps d'entraînement d'Afghanistan. Mais il n'aurait jamais été question d'attentat.

Néanmoins, notre confrère français précise que les enquêtes belge et française sont arrivées à la conclusion que le groupe de Bruxelles avait été en contact à plusieurs reprises avec des groupes terroristes. Parmi eux, ceux qui projetaient un attentat à Strasbourg et contre l'ambassade et des consulats américains en France.

Enfin, selon les services de renseignements français, il est acquis que l'assassinat de Massoud a été décidé par Al-Qaida et confié au mouvement tunisien très présent dans les camps d'Afghanistan et à Londres. C'est d'ailleurs là que les deux kamikazes ont confectionné leur couverture de journalistes pour la chaîne de télévision arabe ANI-TV.