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"LA COMTESSE POLONAISE", DE MICHEL DIEUDONNE, AU PARC, DRAME UTOPISTE PARODICO-HISTORIQUE

Temps de lecture: 2 min

«La comtesse polonaise», de Michel Dieudonné, au Parc

Drame utopiste parodico-historique

Les utopies ont la vie belle. Il se trouve toujours une plume pour les réveiller, pour chatouiller les mots «amour», « liberté», «patrie», «bonheur». L'auteur belge Michel Dieudonné rajoute une couleur historique à cette macédoine dramatique. Les révolutions française et polonaise s'allient en effet aux guerres qui blessent l'Europe de la fin du XVIIIe siècle pour constituer la toile de fond de sa «Comtesse polonaise, drame utopiste». Mise en scène par Bernard Lefrancq au Théâtre du Parc, cette pièce est la deuxième production de la compagnie Cléomadès - déjà accueillie la saison passée, dans le même lieu, avec «Les survivants».

L'histoire commence sur les remparts de Cracovie. Le général Kosciuszko, chef d'une armée en déroute, confie à Jan Potocki le soin d'aller à Paris demander que la France aide la Pologne à repousser l'envahisseur russe. L'officier se voit aussi chargé d'escorter en lieux sûrs Eva Pauliska - la comtesse polonaise. Il est beau, elle est jeune. Il est jeune, elle est belle... Ils s'aimeront, donc. Mais leur chemin est semé d'embûches. Prise au piège de l'amour que lui porte le vieux baron von Alma, Eva tombe sous le joug de l'affreux mage Balsamo, qui l'ensorcelle... Avant de retrouver son Jan et rejoindre Paris, elle passe aussi entre les mains de fer d'une prêtresse «androphobe». Les amants ne cessent de combattre les méchants qui les empêchent d'atteindre le pays utopique du progrès et de la liberté.

Drame sérieux ou caricature ? Fresque historique ou pastiche ? Sincérité ou moquerie ? Le drame de Michel Dieudonné oscille entre les contraires. Le plus souvent, l'ironie prend la première place, et les excès de jeu servent la cause de la parodie comique. Sincères et pourtant lourds de métaphores à trois sous, quelques morceaux de barvoure sèment cependant le doute dans l'esprit des spectateurs. Certains optent alors pour la crise de fou rire, mais la plupart gardent un point d'interrogation au fond du regard. Allocation universelle, liberté de l'Homme, force de l'amour... Les thèmes évoqués ne manquent pas d'intérêt. Mais l'auteur manie le sarcasme et la révolte avec la même gaucherie - celle des utopies.

Nathalie Hugo en comtesse polonaise, Patrick Ridremont en Jan Potocki, l'obscur Balsamo de René Depaus, la belle Lorenza de Delphine Charlier, la prêtresse «androphobe» de Jacqueline Paquay, le baron von Alma de Gérard Duquet et le Casanova incarné par Jean-Paul Landresse ouvrent la large distibution. Damien Gillard, Marc De Roy, Xavier Dumont, Véronique Vandeven, Xavier Dujardin et Didier Colfs offrent aussi leur énergie au délirant drame utopiste. A mi-chemin entre le roman-feuilleton et la tragédie classique, «La comtesse polonaise» parodie l'Histoire «à l'américaine». Faut-il en rire ou en pleurer ? La question demeure...

PASCALE HAUBRUGE

«La comtesse polonaise », au Théâtre du Parc, jusqu'au 16 juin.

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