« Nous travaillerons ensemble »

Quelque 1.635 voix pour Emir Kir, 1.591 pour Jean Demannez. En Wallonie où, désormais, celui qui fait le plus de voix sur la liste la plus importante de la majorité devient bourgmestre, Kir serait le nouveau maïeur de Saint-Josse. Mais à Bruxelles, la règle n'a pas changé. La section locale du PS a désigné Demannez comme candidat bourgmestre, à l'unanimité. Il tirait la liste, Kir était troisième. Mardi soir, on apprenait que les 16 élus de la liste du bourgmestre les 5 conseillers CDH avaient signé la liste de présentation de Jean Demannez.

Pas question pour Jean Demannez de céder son écharpe maïorale. Et pas question pour Kir de ne pas avoir son mot à dire dans la gestion de la commune. Après quelques heures de discussions, les deux hommes ont officialisé un accord : ils travailleront ensemble. Ils ont présenté leur accord ensemble, ce mardi.

« Nous ne sommes pas délégués par le parti socialiste, commence Jean Demannez. Il s'agit de deux individus qui ont dû gérer une situation inédite. Emir Kir est secrétaire d'Etat, il a eu un soutien incontestable. Mais je ne me sens pas désavoué. L'essentiel étant de se mettre d'accord. Nous avons une vision commune des choses, nous travaillerons de manière concertée. »

Emir Kir et Jean Demannez sont convenus de se réunir au moins une fois par mois, pour discuter des grandes options concernant la politique locale. « Il ne s'agit pas d'une mise sous tutelle, précise Demannez. Ni de faire du collège une instance entérinante. » Emir Kir confirme et ajoute. « Il y a eu un petit malaise dû à une situation étonnante. Il fallait répondre concrètement à la demande des habitants. Je deviendrai premier échevin empêché, vu que je poursuis mon engagement à la Région comme secrétaire d'Etat. Mais j'aurai mon mot à dire sur les orientations politiques de la commune. »

Pascal Delwit, politologue à l'ULB, rappelle que, dans les années 1980, Elio Di Rupo avait également récolté plus de voix que le bourgmestre Lafosse. « A Saint-Josse, l'accord permet de rassurer l'électorat d'Emir Kir. En principe, les discussions ont toujours lieu. Ils les officialisent car certains habitants ont du mal à comprendre pourquoi celui qui fait le plus de voix n'est pas bourgmestre. Demannez devra néanmoins tenir compte de la représentativité de Kir. Leur accord est une solution raisonnable. »