Nicolas Lombaerts, l’agent double du Zenit

De 2004 à 2007, il a disputé 76 matchs de D1 avec La Gantoise. De cette époque, il ne reste plus que Brian Vandenbussche, le gardien réserve. En 2007, A 22 ans, il avait rejoint Saint-Pétersbourg pour 4 millions  €. Il y a 10 ans , il avait prédit précisément le titre de Gand.

Journaliste au service Sports Temps de lecture: 4 min

Facétieux, mais aussi passionné d’histoire – il envisage d’ailleurs de reprendre des études en la matière dans sa ville d’adoption -, Nicolas Lombaerts aurait pu tout aussi bien proposer ses services pour faire découvrir Saint-Pétersbourg, une cité où il vit depuis plus de 8 ans et qu’il qualifie de « grandiose », à ses compatriotes de La Gantoise. Mais Sven Kums et consorts ont démontré, contre Lyon, qu’ils n’avaient aucune envie de réduire leur première participation à cette Ligue des Champions à une activité purement touristique. Pas plus d’ailleurs qu’André Villas Boas, l’entraîneur du Zenit Saint Pétersbourg, qui a annoncé son départ pour le mois de juin prochain, n’a pas envie que ses joueurs se laissent distraire alors que l’équipe piétine en ce mois de septembre, exception faite justement de sa victoire (2-4) à Valence avec deux doublés de Hulk et Witsel, dans son match d’ouverture dans la phase de poules.

En un coup, un seul, le Brugeois – il a été formé au Club – va voir évoluer sous ses yeux les deux uniques clubs de sa carrière. Voir défiler, en 90 minutes, plus de 10 ans de professionnalisme. De sa jeunesse à Gand à sa maturation au Zenit pour lequel il a disputé, il y a deux week-ends, le 250e match toutes compétitions confondues. Et, à l’entendre, Lombaerts n’est pas près de s’éloigner des bords de la Neva. Entre autres pour des raisons financières qu’il évoque sans la moindre vergogne.

«J'ai eu des contacts (NDLA: Naples), mais le Zenit n'a pas besoin d'argent et ne veut pas me laisser partir. Je n'ai pas non plus envie de renoncer à la moitié de mon salaire pour jouer ailleurs. Il n’y a guère que 10 clubs qui puissent s’aligner sur le salaire que je perçois ici. Ce n’est pas une question de niveau ou de sacrifices financiers, mais de là à renoncer à la moitié de mon salaire, non.» Cohérent avec sa motivation de rejoindre la Russie, il avait défendu la position de Dick Advocaat, qui l’avait guidé au Zenit de 2006 à 2009, quand le Néerlandais avait lâché l’équipe nationale pour rejoindre la Russie. «Qu’y avait-il de répréhensible à changer de sélection pour gagner plus d’argent ? Tous les joueurs de la Belgique avaient compris sa démarche. Il n’y avait aucun malaise.»

Au-delà de cet aspect pécuniaire, Nicolas Lombaerts n’a pas non plus la crainte de gâcher son talent en Russie. «J'évolue dans un grand club étranger et je participe à la Ligue des Champions chaque saison. Je ne dis pas que la Premier League russe vaut la Premiership, la Liga, la Bundesliga ou la Serie A, mais elle est au-dessus de la Ligue 1. Hélas, la compétition manque de visibilité.» On sent un certain agacement pour cette relégation médiatique du championnat dans lequel il évolue, et par corollaire pour ses propres prestations. Il avait d’ailleurs évoqué la possibilité de tourner le dos aux Diables rouges s’il n’avait pas reçu un peu plus de considération après la retraite de Daniel Van Buyten et la longue indisponibilité de Thomas Vermaelen. A la Coupe du Monde 2014, - 90 minutes contre la Corée du Sud, alors que la Belgique était déjà qualifiée pour les 8es de finale -, il avait ironiquement résumé son expérience outre-Atlantique. «Au moins, j’ai visité le Brésil.»

Membre de la « génération dorée » des Diables, Lombaerts avait capitalisé sur la campagne des Espoirs à l’Euro 2007 (avec Vermaelen, Mirallas, Vertonghen, Fellaini et Witsel ; Kompany et Dembélé, forfait) – mais avait dû renoncer ensuite à l’expédition olympique à Pékin pour une grave blessure au genou - pour forcer son transfert au Zenit Saint-Petersbourg, par l’entremise de son agent, le regretté Yves Baré, contre 4 millions €. Pour la précision, il s’agissait d’un des premiers « gros » transferts du Zenit, passé sous le contrôle de Gazprom, deux ans plus tôt. Ce n’était que le début, si on veut bien se souvenir que le 3 septembre 2012 la société gazière avait déboursé 2x40 millions en l’espace de quelques minutes pour les duettistes de Mestalla, Hulk et Witsel.

A 22 ans, avec à peine deux saisons en D1 derrière lui, le choix de Nicolas Lombaerts n’était ni évident ni compris de tous. Mais avec le recul, il ne nourrit aucun regret.«Je me sens bien en Russie, simplement sans que je puisse mettre en avant une raison particulière. En fait, je me sens moitié belge et moitié russe (NDLA : le temps semble loin où il profitait de chaque moment de liberté pour revenir au pays). Et si mon épouse change d’avis, on vivra encore ici après ma carrière.»

Tête bien faite, qui lui a sans doute permis d’apprécier l’ancienne Pétrograd, à l’époque, le défenseur central avait également abandonné ses études de droit à l’Université de Gand pour poursuivre sa carrière bien plus à l’est. Il y a 10 ans, il avait consenti une interview à un journal estudiantin et déclaré de manière prophétique que «dans dix ans, Gand jouera pour le titre dans un stade flambant neuf. A l’époque, je sentais déjà une incroyable effervescence autour du club.»

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