L’impact sur la santé de la pollution liée au trafic est confirmé

C’est une information effrayante qui provient d’une étude scientifique présentée à Amsterdam ce mardi matin : pour la première fois, il est prouvé que la pollution de l’air liée au trafic agit directement sur la survie de patients dont les poumons ont été transplantés, apportant une nouvelle preuve de l’effet direct de la pollution atmosphérique sur la santé. Les chercheurs ont constaté des effets si directs de la pollution que la survie est mesurée à la distance qui sépare les malades d’une route avec un vaste trafic !

Système immunitaire affaibli

Le docteur David Ruttens, de l’Université de Leuven, qui présente ses résultats au Congrès européen de la fonction respiratoire, explique que 10 % des patients qui reçoivent des particules en plus que les seuils actuellement fixés par l’OMS décèdent par rapport à ceux qui vivent dans des zones où ces seuils ne sont pas atteints. Les chercheurs ont examiné les cas de 5.700 patients transplantés des poumons, dans 13 centres de référence en Europe. Ils ont examiné la charge en polluants en utilisant les données de chercheurs qui disposent de cartes donnant les expositions en particules PM10, qui mesurent moins de 10 micromètres. Ils ont découvert avec stupéfaction que chaque fois qu’ils franchissaient des zones entre 200, 500 et 1.000 mètres autour d’une route très fréquentée, le taux d’augmentation de rejet de l’organe transplanté augmentait de 11 à 13 %. Une augmentation comparable de décès était constatée après le passage des 100, 200 et 500 mètres de distance avec la route. « Les expositions de courte et longue durée aux pollutions de l’air ont été liées aux décès suite à des maladies respiratoires depuis de longues années. Les patients transplantés sont particulièrement vulnérables parce que leur système immunitaire est affaibli à cause de la prise de médicaments immunosuppresseurs qu’ils doivent prendre pour empêcher le rejet de l’organe transplanté ».

Une étude sur six ans

Seuls la moitié des transplantés avaient survécu cinq ans après leur opération. « Nous pensions que le haut taux de rejet était lié à la pollution de l’air, mais nous n’en avions jamais eu la preuve. C’est aujourd’hui le cas », explique David Ruttens. Les patients ont été suivis en moyenne durant presque six ans. Les patients ont été comparés en tenant compte de leur âge, de leurs autres maladies, de leur statut socio-économique, de leur statut d’ancien fumeur et de la prise de macrolides. « Nos résultats prouvent que diminuer les niveaux de pollution de l’air en Europe améliorerait de manière importante les chances de survie de ces patients et diminuerait le risque de rejet de l’organe transplanté. Rien que respecter les actuelles normes de l’OMS sauverait la vie de 10 % de ces patients ».