Martine au musée de Marcel Marlier

Sur l’écran lumineux, les enfants calquent les dessins de Martine sur une feuille blanche.

Marcel Marlier aurait sans doute apprécié les voir s’amuser avec son célèbre personnage pour lequel il avait une réelle tendresse. La Ville de Mouscron vient de rendre un très bel hommage au dessinateur aux 110 millions d’albums vendus dans le monde en inaugurant le Centre Marcel Marlier « Dessine-moi Martine » dans le château des Comtes restauré.

Le projet initié à la mort de l’artiste en 2011 vient en effet de voir le jour après près de 3 millions d’euros de travaux de rénovation et d’aménagement en grande partie assumés par la Ville de Mouscron qui s’est battue pour accueillir ce centre d’interprétation : Marcel Marlier est en effet né à Herseaux en 1930 et y a passé une grande partie de sa jeunesse.

« Dans plusieurs albums de Martine, on reconnaît des lieux typiques de Mouscron comme, entre autres, une ferme de Dottignies, explique Maude Vancoppenolle, responsable du site. Il y a encore beaucoup de Marlier à Mouscron. »

Comme l’explique la jeune directrice, le centre est bien dédié à Marcel Marlier et pas uniquement à Martine. Car si la petite fille a représenté une grande partie de la carrière de l’artiste, elle ne fut pas sa seule réalisation. « Le rez-de-chaussée est consacré à la vie et à l’œuvre du dessinateur, raconte Maude Vandecoppenolle. Nous y rassemblons quelques-unes de ses réalisations, mais aussi des objets lui appartenant ou encore des photos et des coupures de presse. Beaucoup de choses nous ont été données par la famille mais aussi par des collectionneurs privés. »

À côté de la première mallette de peinture, on peut admirer de très belles peintures sur huile que l’artiste a réalisées alors qu’il n’avait que dix ans. Les scénographes ont aussi pu rassembler la plupart des livres de catéchisme et manuels scolaires que Marlier a illustrés avant de signer son premier contrat avec la maison d’édition Casterman, à l’âge de 21 ans.

« Nous présentons aussi une grande partie de la collection Jean-Lou et Sophie pour laquelle Marcel Marlier était à la fois le dessinateur et l’auteur des textes – Gilbert Delahaye était le scénariste de Martine, NDLR. Il a aussi illustré des grands classiques de la littérature comme La belle et la bête. On repère déjà les traits de Martine dans les personnages dessinés. »

Le grenier de Martine reconstitué

Et puis vient l’incroyable aventure de Martine et son succès illustré à merveille par cette vague déferlante des 60 albums reconstituée entre le rez-de-chaussée et l’étage. «   Martine a été beaucoup traduit dans 35 langues, poursuit Maude Vancoppenolle. Un bon nombre de ces albums étrangers sont installés sur cette vague qui semble engloutir le visiteur par son ampleur. Le petit plaisir des enfants sera d’essayer de déterminer la langue utilisée sur certaines couvertures et le prénom donné à Martine selon les pays. »

À l’étage, le visiteur est véritablement plongé dans l’univers de Martine. Grâce au décor tout d’abord : « Cette magnifique charpente nous a immédiatement fait penser à un grenier, une pièce dans laquelle Martine aimait aller jouer. » Dans les pages des livres géants, les curieux découvrent des vidéos bilingues qui relèvent des éléments redondants de la vie de la petite fille : sa maison, sa famille, ses activités sportives et culturelles. Jeunes et moins jeunes touchent, écoutent, reconstituent les personnages. Dans la véritable montgolfière installée au milieu de la pièce, l’expérience se veut encore plus interactive grâce à des jeux vidéo avec Martine comme personnage.

L’évolution de la petite fille

La dernière pièce du centre d’interprétation ressemble, elle, à une salle de classe d’antan où l’on peut s’installer et feuilleter quelques-uns des albums qui se vendent toujours actuellement aux quatre coins du monde.

Sur la grande ligne du temps, on peut percevoir l’évolution de la petite fille avec son temps. De la petite ménagère qui apprenait le tricot dans les années 50 à l’artiste qui dispose de son propre ordinateur dans les années 2000, Martine est toujours restée à la page même si elle n’a guère vraiment grandi en soixante ans d’existence.

Aujourd’hui, la petite fille continue d’exister en dessin animé ou même en jeu vidéo, mais plus sur le papier glacé. « Personne d’autre ne dessinera Martine », avait confié Marcel Marlier juste avant de mourir. Il savait que son œuvre était suffisamment étoffée pour que Martine lui survive encore de nombreuses années.

Le musée sera accessible dès ce mercredi à 9 h. Ouvert tous les jours. Plus d’information sur www.centremarcelmarlier.be

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