La lauréate du prix Nobel de littérature tacle Poutine

La Bélarusse Svetlana Alexievitch, voix dissidente dans l’un des derniers régimes autoritaires d’Europe, a remporté jeudi le prix Nobel de littérature. Née Soviétique sous Staline, elle est la quatorzième femme à remporter le prestigieux Nobel depuis sa création en 1901 à l’âge de 67 ans. À cause de sa dénonciation du régime autoritaire du président bélarusse Alexandre Loukachenko, elle s’est périodiquement exilée, vivant ainsi en Italie, en France, en Allemagne et en Suède, relève l’Académie.

« Pas de concession devant un pouvoir totalitaire »

En 2011, elle dénonçait dans un entretien au PEN Club de Suède la « machinerie staliniste » dans son pays, dont l’homme fort depuis plus de vingt ans devrait sans surprise être réélu pour un cinquième mandat lors de l’élection présidentielle de dimanche.

« C’est une récompense non seulement pour moi, mais aussi pour notre culture, pour notre petit pays qui a toujours vécu comme entre des pressoirs », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. « C’est difficile d’être une personne honnête, mais il ne faut pas faire de concession devant un pouvoir totalitaire  », a-t-elle souligné, avant de rajouter : « J’aime le monde russe, mais pas celui de Staline et Poutine ».

«  Elle a mis au point un antidote au totalitarisme, une nouvelle méthode littéraire, controversée, qui consiste à faire parler ceux qui n’ont pas voix au chapitre », explique à l’AFP Ola Larsmo, président du PEN Club de Suède qui soutient activement les écrivains bélarusses au travers d’échanges et de résidences.

Svetlana Alexievitch n’a pas été privée de liberté, rappelle-t-il, mais a vécu plusieurs fois en exil avant de retourner dans son pays.