L’expert-comptable et le réviseur de demain: Largués ou recyclés?

Même si Audiard faisait dire à Ventura, avec son bon sens, dans « Un taxi pour Tobrouk » : « Deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche », il est quand même utile de temps en temps de se poser pour réfléchir à l’avenir. Nous avons récemment fait cela avec des experts-comptables et réviseurs d’entreprise.

Olivier Bottequin de la fiduciaire ODB se joint à nous pour cette chronique.

D'ici 2020, l’encodage sera pratiquement entièrement automatisé. Cela signifie +/- 50% de diminution des chiffres d’affaires des comptables et fiduciaires. Avec quoi pourront-ils remplacer ce chiffre ? Et de plus, quelle est la réelle plus-value de l’encodage ?

Nos réponses pour l’avenir de ce métier, en 6 points :

1. Règles, compliance et multidisciplinarité  : Les métiers du chiffre sont de plus en plus sujets à une compliance et des réglementations en tous genres. Une multidisciplinarité et multicompétence, notamment financière, juridique et fiscale s’impose. Il en est de même des compétences de gestion et de droit du travail.

2. Automatisation  : la capacité à aider son client à automatiser sa comptabilité et son administration, pour dégager du temps nouveau pour le conseiller sur ce qui crée réellement de la valeur ajoutée. De cette façon, il est en quelque sorte le fossoyeur de son propre business, mais en même temps développe la relation de confiance visionnaire. Ce type de démarche est fort apprécié du client.

3. Monitorer la vraie valeur  : il développera la capacité à cartographier les valeurs et passifs à 7 niveaux de bilans : (1) le Bien Commun (le « why », la raison d’être) ; (2) la Connaissance ; (3) la Communication ; (4) l’Émotionnel ; (5) les Processus ; (6) le Matériel/Financier ; (7) le Bilan Terre. L’actif étant l’excellence, le passif étant un aspirateur à nouvelles créations de valeurs – le potentiel. Le comptable de demain fera surfer son client sur l’immatériel plutôt que l’aider dans la lutte pour le matériel.

4. Choix d’actions à ROI important  : dans un monde complexe, risqué, vulnérable, rapide, la capacité de conseiller son client sur les actions à prendre à plus haut bras de levier est d’une valeur inestimable.

5. Personne de confiance  : plus que jamais, dans un monde en mutation, le dirigeant est seul, parfois désarmé, et a besoin de conseils à tous niveaux, d’une personne de confiance. L’expert qui peut assumer ce rôle développe une capacité d’écoute et empathie, de mentoring et coaching, et incarne la précieuse épaule sur laquelle le chef d’entreprise se repose.

6. Ouverture sur l’économie qui change  : l’expert de demain a cette capacité à ouvrir l’esprit du dirigeant aux solutions de demain dans une économie et société qui mute lentement mais sûrement – et très rapidement dans certains secteurs. Le leader est concentré sur son jour le jour, et a parfois besoin de sortir le nez du guidon. L’expert de demain sait, avec courage, secouer son client avec bienveillance sur ce qui est vraiment important. Et identifier les risques mettant en péril la valeur de l’entreprise !

Bon weekend !

Pour se former à ces nouvelles approches, contactez-nous sur les emails ci-dessous.

Olivier Bottequin, ODB Associés ob@odb.be