Le 11h02: «Les migrants qui renforcent l’économie, un point de vue qui dérange»

Une étude de l’UCL montre que le bénéfice de l’immigration sur les Finances du Royaume serait de deux milliards par an. Intox ? Notre journaliste Bernard Demonty a répondu à vos questions.

Temps de lecture: 3 min

Des économistes de l’UCL ont chiffré l’apport annuel des migrants à 0,5 %, soit 2 milliards du PIB pour l’économie belge. Intox ou vérité ?

C’est une étude qui provient de scientifiques renommés. Il ne s’agit pas d’une étude tendancieuse. Elle émane d’un des centres les plus réputés de Belgique, sans marque idéologique particulière. Il nous a paru important de prendre cette étude en compte comme un élément du dossier. Les chercheurs mettent eux-mêmes des nuances mais cette étude a le mérite de lancer un débat.

Comment le calcul a-t-il été opéré ?

Ces 2 milliards représentent le gain au budget de l’Etat. Des immigrés sont certes au chômage mais énormément d’entre eux travaillent, ne l’oublions pas. Ils créent très souvent leur entreprise, ouvrent de petits magasins, etc. Ils cotisent à la sécurité sociale, paient de la TVA, consomment. Tout cela mis ensemble engendre des recettes plus élevées que les dépenses que doit faire l’Etat pour ces citoyens.

L’étude préconise une intégration la plus rapide et la plus complète possible ?

On parle d’immigration, ce n’est pas que de la demande d’asile. Les demandeurs d’asile ont un profil particulier et l’étude recommande de donner rapidement un droit au travail à ces personnes, qu’elles comptent rester en Belgique ou pas. Sans quoi elles iront gonfler les files du chômage. Il ne faut plus faire les erreurs qui ont été faites par le passé.

L’étude montre aussi que les nouveaux arrivants sont souvent d’un niveau social plus élevé que précédemment ?

En Syrie, la durée des études a fortement augmenté. Les jeunes qui arrivent de ce pays-là ont déjà une certaine formation et peuvent représenter une main-d’œuvre intéressante.

N’y a-t-il pas danger de déréguler le marché du travail ? Assister à des baisses de salaires ?

C’est une question importante. Il y a un tas de boulots dont les Belges ne veulent pas. Mais il faut effectivement rester vigilant quant à la dévalorisation salariale. Nous avons des conventions collectives, sectorielles, qui permettent de rester attentifs à ce problème. Nous avons des pénuries dans certains secteurs, comme l’électricité, l’électromécanique. L’étude démontre que les étrangers et les chômeurs belges ne sont en général pas sur les mêmes créneaux. D’autre part, les niveaux de salaires ont tendance à augmenter pendant les gros pics d’immigration. Ces propos suscitent la polémique et nous ne pouvons qu’espérer que d’autres études, qui prennent ou non le contre-pied, viendront alimenter le débat.

L’immigration, une richesse ?

Une vague trop rapide pourrait être extrêmement néfaste. On a absorbé plus ou moins bien les vagues précédentes mais si on accueille trop vite, il y aura un problème de congestion qui sera long à résorber. La politique actuelle menée par le Fédéral qui n’ouvre pas toutes grandes les portes n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

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