La Wallonie devrait former 7.800 primo-arrivants en 2016

Le débat sur la mise en place d’un parcours d’intégration obligatoire se poursuit en Wallonie. Ou plutôt : il ne finit pas. Ou encore : il n’est pas près de s’achever. On frise en effet l’absurde au parlement régional : les députés ont longuement débattu ce mercredi d’un texte dont il était évident qu’il serait rejeté par la majorité puisque la proposition de décret figurant à l’ordre du jour avait été déposée par l’opposition MR.

Les libéraux réclamaient dans ce texte datant du début de l’année de l’obligation du parcours d’intégration. Le gouvernement PS-CDH est désormais décidé à aller dans ce sens, mais il compte évidemment déposer son propre projet de décret pour ne pas inscrire complètement ses pas dans ceux du MR. C’est de bonne guerre, mais on n’avance guère.

Le souci de Maxime Prévot (CDH) est ailleurs. Le ministre wallon de l’Action sociale refuse l’amalgame entre l’actualité de la crise actuelle et la question plus large de la gestion des primo-arrivants sur le territoire wallon. La réponse que l’exécutif veut apporter par voie décrétale va au-delà de la simple urgence portée par l’actualité qui a provoqué une accélération du débat politique ces dernières semaines. Il s’agit de mettre en place une réforme de fond, qui prend un peu de temps.

Dans l’état actuel des choses, les moyens sont insuffisants pour répondre à la demande en matière d’accueil ou de formation. Des budgets supplémentaires seront nécessaires : une dizaine de millions seront prévus au budget 2016. Ce montant est construit sur base d’hypothèses, reconnaît le ministre qui prévoit déjà des évaluations et d’éventuelles remises à niveau si cela s’avère nécessaire.

Maxime Prévot a aligné les chiffres précis qui démontrent toutefois que ce budget pourrait être suffisant : 7.800 primo-arrivants à former (120 heures de français et 20 heures de cours de citoyenneté) par groupes de quinze personnes, soit un total de 520 groupes à doter de formateurs. Bilan final une fois tous les paramètres pris en compte : 5,6 millions d’euros pour ces apprentissages auxquels il faudra ajouter une somme équivalente pour le suivi socio-professionnel.

Il reste donc à légiférer et à mettre en oeuvre le nouveau dispositif. Le ministre Prévot annonce l’adoption de son projet de décret en fin d’année ou au début de 2016. Ensuite, la concrétisation du parcours d’intégration obligatoire se fera progressivement : organisation et renforcement du secteur, engagements de formateur... De longs mois passeront encore rythmés par d’aussi longs débats.