Les enfants belges de plus en plus victimes des inégalités

La dernière grande enquête OCDE « comment va la vie » sonde le bien-être des populations. La montée des inégalités frappe lourdement les enfants.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

C omment va la vie ? », c’est en substance la question que pose l’OCDE à tous ses états membres. Le bien-être interrogé touche donc de multiples domaines : revenus, environnement, santé, éducation, etc. Que retenir de ce rapport pour la Belgique ?

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Un patrimoine financier au top

Si le revenu disponible des ménages belges se situe dans la moyenne, le patrimoine financier des familles est par contre parmi les plus hauts des pays de l’OCDE. Les employés belges ont en effet des salaires supérieurs à la moyenne… Mais, dans le même temps, le taux de chômage de longue durée, lui, est également supérieur à la moyenne (4,3 % en Belgique, pour une moyenne OCDE de 2,6 %).

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Des indicateurs de bien-être inquiétants, chez les enfants belges

Avec la crise le taux de pauvreté des enfants a augmenté, passant de 10.02 % en 2007 à 12,7 % en 2011, soit une hausse de près de 3 %. C’est la seconde augmentation la plus importante après la Grèce. 12,6 % des enfants belges vivent dans une famille ou aucun des parents n’a d’emploi, ce qui est un des plus hauts taux de l’OCDE. Si, globalement, les indicateurs de bien-être des enfants sont dans la moyenne, plusieurs points inquiètent. Pour les items suivants, la Belgique est en effet dans le top trois… des plus mauvais élèves : enfants vivant dans un ménage sans emploi, enfants vivant dans des habitations où des installations de base font défaut, enfants vivant dans des maisons avec un environnement de faible qualité (espaces verts, etc.), mortalité infantile, autoévaluation de son état de santé, temps passé avec les parents ou encore, expériences de harcèlement.

La Belgique n’est cependant pas la seule à voir ses enfants de plus en plus victimes des inégalités. Pour preuve, le rapport de l’OCDE y consacre son focus. Ce dernier explique notamment : « les enfants issus de milieux aisés sont en général en meilleure santé et plus épanouis à l’école. Les enfants des ménages plus modestes sont moins nombreux à juger leurs camarades gentils et serviables et ils sont plus susceptibles d’être victimes de brimades à l’école. Ils affichent en outre des résultats inférieurs au regard des indicateurs relatifs à la satisfaction à l’égard de l’existence, aux compétences en compréhension de l’écrit et en résolution de problèmes, à la communication avec les parents et à l’intention de voter lors des élections nationales à l’âge adulte. Les inégalités croissantes dont souffrent les parents ont donc des répercussions négatives sur les possibilités offertes aux enfants. »

À l’occasion de la présentation du rapport au cours du 5e Forum mondial de l’OCDE sur les statistiques, les connaissances et les politiques à Guadalajara au Mexique, Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, a ainsi déclaré : «  L’action menée par les pouvoirs publics ne pourra déboucher sur une société meilleure que si elle tient compte des besoins de tous ses membres, surtout des plus jeunes. Pour lutter contre les inégalités, il faut avant toute chose veiller à ce que chacun ait les mêmes chances de réussir dans la vie, dès le plus jeune âge »

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Des différences entre les régions parmi les plus marquées

Enfin, la Belgique est un des pays où les inégalités entre régions sont parmi les plus marquées. Sans surprises, c’est entre la Flandre et la région de Bruxelles capitale que les écarts sont les plus importants. Le taux de chômage par exemple est de 5 % en Flandre, contre 18 % à Bruxelles. Un fossé parmi les plus flagrants en Europe.

 

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