Namur lance une nouvelle monnaie locale

A ne pas confondre avec le terme « alternatif », les monnaies dites « complémentaires » sont de véritables atouts pour redonner du sens à l’économie locale. C’est en tout cas l’objectif poursuivi par des centaines de groupements citoyens, qui fleurissent et se développent de plus en plus dans cette optique en Belgique.

Après le ropi à Mons, le valeureux à Liège ou encore les blés à Grez-Doiceau, c’est maintenant à Namur que l’idée vient d’être lancée. « On est quelques-uns à vouloir développer le projet dans le coin, raconte Brice Ryckaert, un des initiateurs. On veut renforcer les commerces locaux et aller vers une consommation plus responsable. » Car c’est bien de ça qu’il s’agit. Ces monnaies locales, qui viennent en complément de la monnaie officielle, servent à favoriser l’achat chez le petit commerçant du coin de la rue plutôt que dans une grande surface. « Il s’agit de capturer la richesse locale », affirme Adeline Guerriat, autre initiatrice du projet namurois.

Mise ne place de la monnaie locale

Quand les objectifs sont fixés, il faut alors en informer la population, démarcher les commerçants et les convaincre de participer à l’initiative.

Une fois l’assurance de voir quelques dizaines de commerces et de citoyens se lancer dans l’aventure, place au travail de gestion. « On rédige une charte à destination des participants, on met en place des guichets d’échange pour la monnaie et, bien sûr, il y a tout le processus de création de celle-ci », décrit la Namuroise ; lui trouver un nom, la concevoir et l’imprimer.

Un mouvement solidaire

« C’est un système qui n’est pas figé, les gens peuvent se connecter au fur et à mesure au projet, déclare Brice Ryckaert. C’est tout un côté social qui ressort, un mouvement solidaire. » Au-delà de cet aspect, c’est évidemment toute une conscientisation qu’il s’agit de mettre en place. « C’est l’idée d’un cycle court et local. On se réapproprie l’argent, on sait où il va », justifie Adeline Guerriat.

La volonté est donc de revenir au principe de base de la monnaie qui, loin d’être destinée à la spéculation, servait avant tout à s’échanger des services. « On est dans une logique de bassins de vie, explique Eric De Waele du Réseau Financité, organisation qui chapeaute les groupes investis dans ce genre de projets citoyens. On veut utiliser des monnaies différentes, pour différents usages. Celle que les citoyens créent sert aux besoins quotidiens. Donc les sous que je gagne, j’en injecte une partie dans l’économie locale, tandis que l’euro sert à de plus grandes manœuvres financières. »

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