The Shoes: plus loin, plus vite

Au départ, nous, on a fait que suivre… « On ferait pas l’interview dans ce bar, là ? On n’en a plus des comme ça en France ! Ce sera plus agréable, non ? » De fait, pile à l’heure de l’apéro, on a déjà eu des entretiens professionnels plus formels…

Guillaume Brière et Benjamin Lebeau, les deux Rémois qui président aux destinées électro-rock de The Shoes, sont comme leur musique : enthousiastes, expansifs, sortant des cadres qu’on essaie de leur imposer. Pour résumer, leur deuxième album, Chemicals, pourrait s’apparenter à une jam entre les Chemical Brothers, Massive, Cure, Specials, Cassius et Soulwax. Bref, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

« On a du mal à rester sur un seul style. On écoute tellement de trucs différents que des fois c’est casse-gueule, ça manque de logique. C’est un gros boulot de garder le truc cohérent, éviter que ça parte dans tous les sens. »

Comment y parvenez-vous ?

Grâce à notre manager Pierre Le Ny. Et puis, comme sur le premier disque, on avait la pochette avant de commencer le disque. Ce regard d’ado nous a guidés. On y a trouvé une humeur, une esthétique, un angle d’attaque.

Par contre, vous avez bien pris soin d’éviter de faire un deuxième « Time To Dance »…

Ah ben, on a essayé ! Mais je crois que c’étaient les pires morceaux qu’on ait jamais faits ! De la merde ! Plus t’essaies de faire un single, moins t’y arrives. Je pense que les plus grands singles ont été faits par accident. D’ailleurs, « Time To Dance », c’était un accident…

Le titre vous a ouvert des portes. Vous avez tourné partout grâce à lui…

C’est clair. En fait, on a d’abord tourné en Angleterre, puis au Japon, puis en France. On a fait un peu les choses à l’envers. On a refusé de tourner aux Etats-Unis. Tous les groupes français qui se la racontent parce qu’ils y ont tourné reviennent le cul à l’air parce qu’ils n’ont plus une thune ! Ça a marché pour Phoenix, ça ne va pas marcher pour tout le monde. Par contre, sur ce disque-là, pourquoi pas…

On a l’impression que pour un groupe du continent, il faut repartir de zéro sur chaque album pour percer ailleurs…

Bien sûr ! Notre seule ouverture à l’étranger, c’est le clip de « Time To Dance ». The Shoes, personne ne connaît. Le clip avec Jake Gyllenhaal en tueur en série ? « Ah, OK ! » Mais de là à devenir The Shoes, il y a du boulot… Mais je crois que c’est bien aussi de construire quelque chose dans son pays, d’avoir un bon show, quelque chose de solide, pour avoir ensuite la prétention de partir à l’assaut de l’étranger.

Aujourd’hui, quelle est la différence entre les métiers de producteur et de musicien ?

Tout est complètement lié aujourd’hui. Au moment où on trouve une ligne de piano, on cherche déjà la manière de la faire sonner. A nos débuts, notre fantasme, c’était d’avoir notre musique sur un CD…

(Sur ce, l’attachée presse vient nous signaler la fin des festivités…)

Quoi ? Allez, on n’est pas souvent en Belgique, on a le temps, quoi ! D’ailleurs, l’autre jour, on a joué avec un groupe belge qui nous a mis une sacrée claque… BRNS ! C’est ça ! Ils nous ont carrément mis la pression. Tu dois le noter, on est fans de BRNS !