Ligue des champions: le PSG et le Real Madrid se quittent sur un décevant 0-0

Avec une équipe en chantier et un déplacement chez le coleader de la Liga, Vigo, dans quelques jours – ce qui l’avait poussé à laisser pendant plus d’une heure Modric, de retour de blessure, sur le banc, Rafael Benitez n’est pas tombé dans le piège de son vis-à-vis, Laurent Blanc. Son match, le Madrilène l’a bâti sur l’organisation, avec l’espoir que le talent de Ronaldo, le seul avec Kroos, à pouvoir rivaliser avec la qualité individuelle parisienne, compense sa frilosité. Et le petit jeu de Benitez a failli réussir à la 71e quand une frappe de CR7, d’un angle réduit, a failli faire mouche.

L’entraîneur du PSG avait en effet chauffé à blanc la veille de ce choc en taxant Rafael Benitez de «défensif», et, prolongeant son idée, qualifié la confrontation d’«opposition de styles.» Laurent Blanc s’est fait à dessein l’écho des médias espagnols qui reprochent à Don «Rafa» d’errer plus qu’autre chose dans ses choix tactiques, ajoutant que si Keylor Navas (le gardien) est aussi prépondérant que Cristiano Ronaldo, ça en dit long sur son ambition de jeu. «Et cette fois, ont ajouté les médias, ravis de la déclaration de Blanc, nous, on n’a rien dit…» Et, mercredi soir, absences ou pas (Bale, Benzema et James, pour ne pas citer Carbajal ou Arbeloa), avec une équipe diminuée ou pas, Benitez était invité à frapper un coup sur le terrain d’un rival direct. Non pas dans le groupe, mais bien pour la victoire finale dans cette édition.

Parce que le PSG était aussi attendu au tournant, dans un match à l’importance comptable toute relative: trois quarts de finale de rang, c’est bien, mais l’émir Al-Thani veut la Coupe aux grandes oreilles. Comme Ibrahimovic, d’ailleurs, annoncé à sa dernière saison en Europe avant d’émigrer en MLS et laisser sa place à… Ronaldo.

Ibra mauvais mais intouchable

Dix titres de champion national, aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne et en France, un mythe au parc des Princes en à peine 4 saisons, mais aucun impact en Ligues des champions. Tout le contraire de CR7, deux fois vainqueur et meilleur buteur historique de la compétition continentale.

Du coup, le Suédois, autant poussé par le temps que par son ego, a surjoué et compliqué le jeu du PSG. A vouloir phagocyter le ballon, il a ralenti le jeu de son équipe en marchant sur les pieds de Thiago Motta et Verratti et laissé Di Maria et Cavani en proie aux défenseurs du Real, du coup, deux fois plus nombreux.

Quelques minutes après la pause, Blanc se décide pour un double changement, avec un sous-entendu qui en dit long sur le crédit d’Ibra au Camp des Loges: le meilleur buteur du club avec 110 buts en 137 matchs est intouchable. Autant sacrifier Di Maria (pour Lucas) – annoncé comme le chaînon manquant pour gagner le trophée – et Cavani (pour Pastore) plutôt que la paix du vestiaire en sortant un mauvais Ibra…

Au décompte final, ce partage ne sert ni Benitez, qui risque encore d’être critiqué pour son manque d’entreprise ni Blanc, dont les détracteurs continueront de douter de sa capacité à amener le PSG, là-bas tout en haut. Dans 15 jours, les deux techniciens se retrouveront au Bernabeu, mais ce sera un autre Real. Du moins dans sa composition; dans la mentalité, on verra.

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