Un nouveau quartier face à la gare de Charleroi

Et pourquoi pas un Mipim carolo ? C’est lors d’une visite du Marché international de la promotion immobilière de Cannes que le bourgmestre Paul Magnette avait lancé l’idée, un peu comme un défi. Le Forum immobilier de Charleroi revient pour la deuxième fois ces jeudi 22 et vendredi 23 octobre dans la salle des congrès du palais des Beaux-Arts, transformé en mini palais des festivals.

Pour l’intercommunale Igretec qui organise l’événement, l’ambition reste la même : présenter les projets de redéploiement urbain de la zone qui va de la Basse-Sambre jusqu’au Sud-Hainaut en passant par le nord de la métropole, d’une part pour susciter l’intérêt des investisseurs et promoteurs, de l’autre pour leur permettre de nouer des contacts d’affaires.

Dans l’entité de Charleroi, la redensification urbaine constitue un enjeu prioritaire : après avoir perdu 40.000 habitants en un demi-siècle (NDLR : la population était de 244.000 âmes en 1966), la ville doit se préparer à une croissance démographique soutenue. Comme l’explique l’échevine MR de l’Urbanisme et du Logement Ornella Cencig (MR), « notre parc résidentiel doit croître à une moyenne de 400 logements chaque année pour être en capacité d’absorber les nouveaux résidents ».

C’est dans ce cadre que le service du bouwmeester a élaboré une cartographie de densification urbaine, présentée en primeur au forum. Elle complète le schéma stratégique actualisé 2015-2025, qui trace les grandes lignes de l’expansion territoriale.

Revaloriser le paysage de la Sambre en conciliant projets publics et privés : c’est l’un des thèmes du Forum 2015, selon le bouwmeester Georgios Maillis. « Longtemps à Charleroi, la voie d’eau – dédicacée au transport - n’a été vue que comme un obstacle au développement de zones d’habitat. Dans son tronçon urbain entre Marchienne et Farciennes, c’est à peine si l’on voit encore qu’il s’agit d’une rivière. La ville a décidé d’en exploiter le potentiel. Un premier pas a été fait avec l’abaissement des quais en rive gauche de la Sambre dans le cadre du programme de rénovation Phenix. » Si l’intention est de reproduire l’opération sur l’autre berge en intégrant une halte nautique à hauteur de l’actuelle gare des bus (NDLR : cette dernière serait déplacée vers l’ancien centre de tri postal), la revalorisation s’articule autour de trois grands projets, dont deux vont être mis sous les projecteurs. Le premier, c’est River Towers : porté par le promoteur Marcos Lande, il vise à reconvertir la friche industrielle de l’ancien site Inter Béton, à la porte « Est » de la ville. Deux buildings de logements de 88 mètres de haut y marqueront le paysage. Ils seront connectés à la Sambre par un parc public en lien avec les quais dont la rénovation aura été prolongée. Le bouwmeester se félicite de l’organisation d’un concours privé d’architecture pour « River Towers ». Le promoteur a annoncé sa volonté de déposer la demande de permis avant la fin de l’année. Deuxième projet d’envergure : le « Left side business park », à l’entrée « Ouest » de l’intra ring urbain, à l’autre bout des quais de Sambre rénovés. Il s’agit d’un quartier d’affaires avec du logement et quelques commerces de proximité pour lequel le conseil communal vient d’adopter le périmètre de remembrement urbain nº 3. Ce projet prévoit la construction de 85.000 mètres carrés de bureaux et d’appartements (NDLR : au nombre de 400) en six lots, avec du parking sous le ring. Disposées en quinconce, ces tours mixtes de 15 à 20 étages seront édifiées sur une durée de 15 ans. Elles imposent la démolition de la Cité des finances et du siège du TEC Charleroi.