Climat: après huit ans de négociations, enfin un accord intra-belge

Après huit années de négociations, les quatre ministres belges de l’Environnement ont fini par trouver un accord sur le partage des objectifs belges en matière de climat. Sous la présidence de la Bruxelloise Céline Fremault (CDH), Marie-Christine Marghem (fédéral, MR), Paul Furlan (Wallonie, PS) et Joke Schauvliege (Flandre. CD&V) se sont réunis de 20 heures à 1 heure du matin samedi, et ont trouvé un terrain d’entente sur les quatre sujets en discussion.

Quatre volets

1.  Il s’agissait de répartir l’objectif de 15 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2020 (comparé à 2005). La Flandre diminuera ses émissions de 15,7 %, la Wallonie de 14,7 %, Bruxelles de 8,8 % et le fédéral contribuera avec différentes politiques à l’effort général.

2.  Mais aussi de déterminer comment chaque entité contribue à l’objectif de 13 % d’énergie renouvelable en 2020. La Flandre aura un objectif de 10 %, la Wallonie de 11,5 %, Bruxelles de 3,5 %, le fédéral de 2,75 %.

3.  Il fallait aussi se partager les 326 millions d’euros issus de la mise aux enchères des quotas de CO2 et trouver une clef de répartition des 188 millions qui seront désormais récoltés chaque année. Pour les revenus déjà engrangés des quotas de CO2, la Flandre en obtiendra 50 %, la Wallonie 29 %, Bruxelles 6 % et le fédéral 15 %. Pour les revenus à venir, cette répartition deviendra : Flandre 50 %, Wallonie 30 %, Bruxelles 8 % et 12 % pour le fédéral.

4.  Enfin, les ministres devaient trouver un accord sur la contribution belge au financement climatique qui doit être annoncé par le Premier ministre au sommet de l’ONU à Paris en novembre. Ce financement climat sera assuré pour moitié par le fédéral. Le reste sera réparti comme suit : 29 % venant de la Flandre, 16,5 % de la Wallonie, et 4,5 % de Bruxelles.

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Une pression de plus en plus grande

Peu de choses ont filtré à ce stade sur les principaux éléments de l’accord. Chaque ministre doit désormais obtenir l’aval de son gouvernement. Une conférence de presse est prévue ce lundi.

On sait cependant que l’accord porte sur les quatre volets en discussion ; un moment, on avait craint de voir disparaître le point sur le financement climatique. Ce dernier serait finalement fixé à 50 millions par an, soit le minimum auquel s’était engagée la Belgique.

La pression était de plus en plus grande pour arracher cet accord avant Paris. La ministre flamande Joke Schauvliege était notamment fortement critiquée pour l’attitude adoptée par son gouvernement. Les interrogations européennes et de nos partenaires ne manquaient pas non plus. Avec le temps, il devenait impératif de s’entendre.