Climat: l’occasion de larguer une détestable casserole

Les négociations sur la répartition des objectifs climatiques belges sont «une casserole que la Belgique traîne depuis des années». L’édito de Michel De Muelenaere.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Comme on le dit du côté d’une association engagée sur le terrain du climat et du développement, les négociations sur la répartition des objectifs climatiques belges sont « une casserole que la Belgique traîne depuis des années ». Une casserole qui, chaque année, devient plus lourde et plus tonitruante. Samedi matin, est apparu un espoir que notre pays et ses trois Régions se débarrassent de cette encombrante. Un accord. Un compromis, forcément. Pour lequel chaque ministre a dû triturer le mandat de négociation qu’il a reçu. Chacun ayant en tête l’importance du sujet et l’absolue nécessité de conclure avant le sommet climat qui se réunira à Paris en novembre. Beaucoup de choses restent encore à préciser ; Il reste du flou. Il faudra resserrer tous les boulons. Mais alors que 2020 approche, cet accord servira surtout à se répartir les prochains engagements de notre pays. Pour 2030 cette fois. En espérant que ne se répète pas le même vaudeville.

L’issue ne plaît pas à tout le monde. Elle déplaît sans doute à certains secteurs de l’économie qui détestent les contraintes et principalement celles justifiées par la protection de l’environnement et du climat. L’environnement, les futures réductions des émissions de gaz à effet de serre, le développement des renouvelables, cela coûte cher, ne cesse-t-on d’entendre de ce côté. Où l’on oublie de préciser que les coûts des politiques actuelles – les subventions aux énergies fossiles, les pollutions, les émissions de CO2, la prédation sur les ressources, sur la biodiversité – sont bien plus lourds et qu’ils sont payés par toute la collectivité, ici et à l’étranger. Mais pour ceux-là qui nient l’intérêt général et insultent l’avenir, en matière d’environnement il importe surtout d’en faire le moins possible.

Un éventuel accord fait par ailleurs pester ceux qui font de la division, de la contestation des compétences, une profession de foi. Un levier pour affaiblir l’autre ; de préférence l’Etat fédéral. Pour ceux-ci, un compromis est une défaite.

Reste que chaque fois qu’elle fait la preuve qu’elle est incapable de remplir ses engagements internationaux parce qu’elle se déchire en interne, la Belgique perd sa crédibilité sur la scène internationale. On ne l’écoute plus. Ou poliment. Elle ne pèse plus. Qu’on ne se fasse pas d’illusion : si la Belgique ne pèse plus, chacune de ses différentes entités pèsera encore moins. Les accords se feront sans elle. Et s’imposeront à elle. Il sera alors trop tard pour regretter de ne pas avoir anticipé et osé faire plus et mieux.

 

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