«La pauvreté existe à Nivelles»

L’ASBL L’Ouvre-boîtes vient en aide à de nombreuses familles de Nivelles pour éviter leur exclusion sociale totale. Les aides des pouvoirs publics ne sont pas suffisantes et elle craint de devoir fermer ses portes.

Temps de lecture: 2 min

Active depuis 1998 à Nivelles, L’ASBL L’Ouvre-Boîtes propose divers services aux personnes précarisées. Mais aujourd’hui, elle se trouve elle-même en situation difficile : clôturer l’année au niveau financier relève du casse-tête alors que les besoins explosent. Il manque environ 25.000 euros dans les caisses.

Les responsables se donnent encore maximum six mois : si d’ici là, une solution n’est pas trouvée, ils se verront contraints de mettre la clé sous le paillasson. Avec des conséquences malheureuses pour six emplois directs, trois emplois indirects, et surtout pour les 275 familles qui, au quotidien, sont soutenues par L’ASBL pour éviter une exclusion sociale totale.

« Lorsque nous demandons des subsides, on nous explique que la plupart de nos missions n’entrent pas dans ce qui est défini par les décrets, explique la directrice, Véronique Thibaut. Et les hommes politiques nous disent que s’ils nous aident malgré tout, ils devront alors aider beaucoup d’autres associations. Notre travail sur le terrain se complexifie, nos charges augmentent… C’est de plus en plus difficile de faire face. »

L’Ouvre-Boîtes (www.facebook.com/ouvreboites) propose notamment des aides administratives ou sociales en accompagnant les particuliers chez un médecin, auprès d’une école, d’un avocat ou encore d’une administration. Elle tient aussi une épicerie sociale qui propose divers produits à tout petit prix, gère un « coin à papote » où les gens qui ont besoin d’être écoutés peuvent venir se confier autour d’une tasse de café, propose une école de devoirs entièrement gratuite, assure un accompagnement pour aider les familles à sortir de problèmes de violence intrafamiliales ou conjugales…

« Nous ne sommes pas en concurrence avec le CPAS de Nivelles, précise Véronique Thibaut. Notre rôle est complémentaire, l’approche est différente. Nous avons un service d’insertion sociale qui est reconnu par la Région wallonne, et subsidié à 60 %. Et nos magasins de seconde main assurent des rentrées financières. Mais celles-ci ne sont pas suffisantes. La précarité, c’est moins mobilisateur que certaines autres causes. Et certains n’aiment pas qu’on rappelle que la pauvreté existe à Nivelles. »

Puisque le soutien des pouvoirs publics est pour l’instant très limité, L’ASBL s’adresse aux citoyens pour qu’ils lui permettent de mener à bien ses projets. Comme la cité des Aclots compte près de 28.000 habitants, les responsables rêvent que chacun verse un petit euro. Ce qui permettrait de boucler la fin de l’année et de repartir pour un an au service des plus précarisés.

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