Libramont: première usine verte du groupe L’Oréal

Elle fait partie d’une multinationale mondialement connue et c’est une des plus importantes usines de la province de Luxembourg. L’Oréal est installée à Recogne depuis 40 ans et offre de l’emploi à 400 personnes (363 équivalents temps plein), mais aussi une volée d’emplois indirects.

Trop à l’étroit dans son unité de production d’Uccle, créée en 1948, L’Oréal cherchait à l’époque à s’étendre et c’est en Centre-Ardenne qu’elle jeta son dévolu, sur un site de 45 ha qu’Idélux et le gouverneur Brasseur avaient proposé avec conviction. Comme le signalait vendredi le gouverneur Bernard Caprasse, « je me souviens de l’enthousiasme pour accueillir cette entreprise industrielle, dans une province sans autoroute, en déshérence et qui vivait de sa ruralité. On ne l’a jamais regretté d’autant plus que l’esprit social a toujours été bien présent. Dans un document de prospective, vous parliez de « la beauté au service de tous ». Vous êtes en phase avec tout ce qui va se passer, vous avez un bel esprit d’anticipation et êtes des partisans de l’écologie positive. »

Si L’Oréal visait au départ le marché « régional », c’est-à-dire du Benelux, France et Allemagne, avec une multitude de produits (vernis, shampooing, rouge à lèvres, coloration des cheveux), elle s’est en 1998 spécialisée dans trois produits (shampooings, aérosols et colorations), puis a éliminé les shampooings en 2002 avant de ne plus produire que les seules colorations en 2013, pour tout le marché européen.

« En 2009, elle est aussi devenue la première usine verte du groupe, développant des initiatives pour diminuer ses émissions de CO2, sa consommation d’eau (-53 % depuis 2005) et sa production de déchets (- 25 %) », note son directeur, Etienne Genin. Elle a aussi travaillé pour limiter les transports et a ainsi accueilli dans ses murs une unité de production de petits flacons de l’entreprise Logoplaste, qui produit depuis 2011, 310 millions de petites bouteilles plastiques, 7 jours sur 7. Vingt emplois y ont été créés et toute la production sert à L’Oréal Recogne principalement, mais aussi à d’autres unités du groupe. Cela a permis la réduction de près de 1.500 camions par an.

Enfin, une autre société indépendante, Libramont Energies Vertes, a été créée en 2009 pour gérer sur le site de l’usine une grosse unité de biométhanisation qui fournit électricité, chaleur et vapeur à toute l’usine, et rejette même du courant excédentaire sur le réseau public, correspondant aux besoins d’environ 5.500 ménages. Elle produit en effet 250 % des besoins énergétiques de l’usine ! La chaleur en surplus rejoint aussi depuis 2014 une vaste serre solaire où les boues de la station d’épuration sont séchées, limitant ainsi le tonnage de 75 %, avant l’envoi en cimenterie pour une valorisation énergétique.

Frédéric Heinrich, directeur des opérations Europe, ne cache pas que le fil conducteur de son entreprise repose sur la sécurité, la qualité des produits, la protection sociale et environnementale. « Nous voulons devenir un des leaders d’un nouveau modèle de développement économique, en innovant durablement, avec l’ambition de réduire complètement l’empreinte environnementale d’ici 2020. »

Mais l’entreprise fait aussi tourner d’autres sociétés situées dans son entourage, comme l’imprimerie Reynders qui vit à 60 % grâce à L’Oréal, mais également l’entreprise de transport Charlier située non loin de là et l’Atelier Le Saupont à Bertrix, fidèle partenaire depuis le début.

Vendredi, la visite des installations de Recogne a permis de se rendre compte du caractère pointu de l’entreprise et de son fonctionnement au top de l’automatisme avec un incroyable ballet de clarks automatisés qui effectuent 4.000 mouvements par jour pour gérer la distribution des produits…