«La musique,c’est la lumière de ma vie»

entretien

Ingrid Weetjens parle autant avec les mains et les yeux qu’avec la bouche. Son visage s’anime, ses pupilles brillent, ses bras dessinent des arabesques dans les airs. Bien sûr, nous parlons un stoemp de français et de néerlandais épicé d’anglais. N’empêche, son corps aide, expressivement, sa langue. On boit un verre de vin portugais au Flamingo, à Bruxelles. Le portugais, elle l’a appris, un peu, pour pouvoir chanter la bossa-nova. Et elle se met soudain à entamer une chanson brésilienne, mezzo voce. C’est beau.

Pourquoi chantez-vous ?

Quand je chante, je libère toutes mes émotions, celles que je ne peux pas vraiment exprimer dans la vie quotidienne. Avec mes chansons, il se passe quelque chose. Parfois je me sens très froide, à l’intérieur, mais quand je compose, quand viennent l’amour et la musique, les problèmes s’éloignent.

Vous chantez depuis toujours ?

Depuis mes huit ans. Je chantais à la messe. A 15 ans, je créais le groupe Sweet Sister. On a joué à Dour. C’était de la pop. Je chantais et j’écrivais des mélodies, mais pas les textes, pas encore. J’ai aussi chanté avec Glowee. Et on a joué à l’AB.

Et puis, ce fut le conservatoire.

Oui. Avec David Linx, Diederick Wissels, Kris Defoort. J’ai été dans le groupe d’Erwin Vann ensuite. Il y avait là Dré Pallemaerts, Jozef Dumoulin, Michel Hatzigeorgiou. C’était des pointures, je me sentais un peu petite par rapport à eux. On faisait beaucoup d’improvisations et j’aimais ça. Mais à un moment, ce fut la rupture entre mon copain et moi, j’étais en déprime, j’ai quitté : c’était trop pour moi. Mais je me suis reprise par après, je me suis concentrée sur la musique.

Et ce fut Ruby ?

J’ai choisi Ruby, parce que le rubis est une pierre précieuse brillante et la musique, c’est la lumière de ma vie. J’espère que c’est la même chose pour les musiciens du groupe. Mais je le crois : ils sont si profonds. Je connaissais bien le batteur Lionel Beuvens, j’ai connu le pianiste Koen Geens à l’école de musique. Il m’a dit : «  Si tu veux un pianiste, appelle-moi  ». Je l’ai fait. Lionel m’a conseillé Lara Rosseel pour la basse. Et le trompettiste Jean-Paul Estiévenart s’est joint, c’est super avec lui, il dit toujours «  C’était gai  », après un concert.

Et voilà cet album.

C’est Arker qui l’a produit. Mais nous avons été vraiment aidés par Ça Balance, de la Province de Liège, qui nous a offert trois jours d’enregistrement avec l’ingénieur du son Jean-François Hustin. C’est un rêve pour moi. On n’a pas un album complet, mais un album de qualité.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Mes émotions, mes moments heureux, mais aussi parfois mes moments plus perdus. « Shy One », c’est ma petite fille Eloisa, 6 ans. J’ai une autre fille de 2 ans, Juno. C’est Eloisa qui a aussi fait les dessins que j’ai repris pour la pochette de l’album. « Armor », c’est l’armure que je dois enlever pour que je puisse voir le monde et communiquer avec lui.

www.listentoruby.com

Concert le 3 décembre au Cultuurcentrum Gasthuis d’Aerschot où elle vit.