Vatileaks: voici pourquoi deux livres font trembler le Pape François

C’est l’affaire que l’on surnomme déjà Vatileaks 2 : deux livres à charge, « Via Crucis » (Le chemin de croix) de Gianluigi Nuzzi et « Avarizia » (Avarice) d’Emiliano Fittipaldi sortent en librairie ce jeudi.

Leur contenu donne une image peu reluisante du Vatican et sur sa gestion des finances. Le journaliste qui avait fait éclater le scandale Vatileaks, sous Benoît XVI, récidive. Dans son livre, « Via Crucis », Gianluigi Nuzzi écrit : « L’argent que des catholiques du monde entier envoient au Vatican pour contribuer à des œuvres de charité, loin d’être versé aux pauvres, est utilisé pour combler les déficits financiers dus à certains cardinaux et aux hommes qui contrôlent l’appareil bureaucratique du Saint-Siège ».

Gianluigi Nuzzi, l’auteur du «
Via crucis
». © AFP
Gianluigi Nuzzi, l’auteur du « Via crucis ». © AFP - AFP

L’auteur du second livre, Emiliano Fittipaldi, n’écrit pas autre chose. Et de prendre en exemple les 200.000 euros destinés à une fondation détournés pour la rénovation de l’appartement d’un cardinal.

Ces livres font également état de trous dans les budgets du Vatican, ou encore de marchandises qui disparaissent des inventaires du supermarché du Vatican pour un million d’euros.

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Les corbeaux

Deux personnes ont été convoquées ce week-end par la Gendarmerie vaticane : Francesca Chaouqui ainsi que Mgr Lucio Angel Vallejo Balda. Ils sont soupçonnés d’être à l’origine des fuites de documents confidentiels qui ont abreuvé les deux livres consacrés aux finances du Vatican.

Mme Chaouqui a été remise en liberté. En revanche, le prélat Mgr Vallejo Balda, membre de l’Opus Dei et secrétaire de l’ancienne Commission sur l’organisation des structures économiques et administratives du Saint-Siège (COSEA), est toujours bien gardé à l’intérieur des murailles du Vatican.

Francesca Chaouqui et Mgr Lucio Angel Vallejo Balda. © AFP
Francesca Chaouqui et Mgr Lucio Angel Vallejo Balda. © AFP - AFP

Francesca Chaouqui accuse Mgr Lucio Angel Vallejo Balda d’avoir enregistré le pape François à son insu. « C’est Mgr Balda qui a fait ces enregistrements du pape François, moi je n’en savais rien », a affirmé cette consultante italienne en marketing et communication. « C’est lui-même qui a fait entendre un enregistrement aux membres de la Cosea », affirme la jeune femme, qui a fait partie avec le prélat espagnol d’une commission du Vatican, la COSEA, chargée de faire des propositions visant à réformer ses structures économiques et financières.

Elle dit avoir été entraînée dans cette affaire par Mgr Vallejo Balda, qui l’avait lui-même recommandée pour faire partie de la commission et dont elle reconnaît avoir été une amie.

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Ce qu’en pense le pape François

Le pape François est « déterminé » à aller de l’avant dans les réformes, après la fuite de documents qui révèlent des frasques financières au Vatican, a assuré mercredi le numéro trois du Saint-Siège, Mgr Angelo Becciu.

Le substitut à la Secrétairerie d’Etat a révélé sur son compte Twitter les propos de Jorge Bergoglio : « Allons de l’avant avec sérénité et détermination ».

Auparavant, ceux qui avaient pu rencontrer le pape ces derniers jours l’avaient trouvé « très amer », mais aussi « déconcerté et mécontent », selon des propos rapportés par la presse italienne.