Stationnement: l’alternative zonale de Schaerbeek

Si on ne peut pas parler de big bang, c’est à tout le moins un sérieux virage qui se profile en terres schaerbeekoises au rayon stationnement. Depuis un mois et pour une même période encore, la commune soumet à l’enquête publique son projet de refonte de son plan local afin de le rendre compatible aux exigences régionales. Un sérieux entretien qui comporte de nombreuses modifications par rapport à la version actuelle.

Passage en revue avec le pilote de l’opération, l’échevin de la Mobilité, le CDH Denis Grimberghs. « Une déclinaison du plan régional qui en est actuellement au stade du projet, entame-t-il. Sachant que toutes les communes sont invitées à faire de même. Certaines l’ont déjà fait, d’autres sont en cours et d’élaboration et d’autres encore n’ont pas commencé. »

1 De 94 à 100 % de couverture. Les bureaux Stratec et Sareco ont ainsi été chargés de réaliser un diagnostic et de formuler des propositions pour l’adaptation. Dont le spectre est des plus larges puisqu’il concerne aussi par exemple le parking des deux roues motorisées, du vélo ou encore du parking partagé. Mais le nerf de la guerre est bien évidemment le parking réglementé en voirie. En gros, Schaerbeek affiche sa volonté de couvrir progressivement la totalité du territoire. « Aujourd’hui, l’objectif de la Région est déjà plus qu’atteint et le sera encore d’avantage demain lorsque le plan sera approuvé. »

2 Les zones blanches. Au menu par exemple, l’intégration de certaines zones qui ne disposent d’aucune réglementation dites, zones blanches. « Il en existe très peu puisque nous sommes déjà à 94 % de couverture et que nous visons les 100 % à la fin de l’opération, souligne Denis Grimberghs. C’est important car si les gens s’énervent parfois face à une réglementation, ils sont encore plus énervés lorsqu’il n’y en a pas parce que l’on constate un report du parking ventouse, camionnettes et autres utilitaires. Et réglementer ne veut pas forcément dire passer en payant, certaines de ces zones seront mises en zone bleue. »

C’est une autre couleur qui est prévue du côté de l’avenue Plasky qui donne sur la place Meiser et où les emplacements en berme centrale sont aujourd’hui non-réglementés. « Ils passeront en zone verte comme c’est le cas sur les côtés de l’avenue. »

3 Le contrôle. « Nous avons déjà instauré l’extension des horaires de base jusqu’à 20 heures, ce qui permet de protéger au mieux les zones les plus densément peuplées et les riverains, indique l’échevin. Le but de ce plan est de permettre aux gens de trouver une place à proximité de leur domicile. On ne leur promet rien d’autre. »

4 Les zones de stationnement. C’est le bouleversement majeur de la réforme. Rappelons qu’à l’heure actuelle, les Schaerbeekois munis d’une carte de riverain peuvent se garer sur l’ensemble du territoire communal excepté en zone rouge, sans bourse délier. Demain, ce sera terminé, le territoire devant être scindé en plusieurs secteurs, selon l’exigence régionale.

« Quelque part, nous payons notre honnêteté car le zonage ne fait pas partie du plan communal mais est défini par la Région, poursuit Denis Grimberghs. Celle-ci nous a interrogés sur le zonage tel qu’elle souhaite l’organiser et nous avons répondu par la négative en intégrant une alternative dans notre plan communal. »

L’idée étant de permettre aux citoyens de comparer les deux propositions. De quoi s’agit-il ? « La Région suggère un système que l’on décrit souvent comme un nid d’abeilles soit un ensemble de petites zones de 37 hectares autour du domicile du riverain qui a le droit d’en choisir deux autres, limitrophes, qui donne cet effet nid d’abeilles ». Un principe de base que ne conteste pas le collège local. En théorie en tout cas. « On ne dit pas que ce n’est pas intéressant mais en pratique, nous trouvons cela compliqué à mettre en place et peu lisible. » Un dispositif qui serait en outre difficilement contrôlable. « Si c’est pour ne plus rien contrôler alors réglementer ne sert à rien. Réglementer n’est déjà pas très populaire, il faut au moins que cela soit efficace. »

La mouture alternative soumise par les élus locaux se veut donc plus épurée. « Elle nous paraît déjà suffisamment contraignante vis-à-vis des riverains qui circulent aujourd’hui librement sur tout le territoire et qui demain seront limités à une partie de celui-ci. » Le puzzle imaginé par Schaerbeek comprend des zones de 150 hectares. « Soit le maximum autorisé par l’ordonnance régionale. » Ce qui, dans les faits, divise la commune en cinq parcelles. « C’est relativement facile à contrôler et également compréhensible pour les riverains sans devoir mettre une boîte GPS dans toutes les voitures. »

Dans ce cas de figure, chacun n’aurait droit qu’à une seule zone. « Nous autoriserions l’over laping dans les îlots situés sur une frontière communale, ce qui est du bon sens ». Quant aux critères repris pour le découpage. « Nous avons tenté d’être cohérents sachant par exemple que très peu de gens habitant d’un côté du boulevard Lambermont vont se garer de l’autre côté. Il s’agit donc d’une frontière naturelle assez évidente. Il y en a d’autres comme le parc Josaphat qui joue lui aussi un effet tampon. »

5 Le timing. La proposition schaerbeekoise a-t-elle une chance d’aboutir ou relève-t-elle de l’utopie ? « Cela a une chance d’aboutir, répond l’échevin centriste. D’autant que plusieurs bourgmestres ont déjà proposé au ministre Pascal Smet (S.PA) de les laisser plancher sur une version plus lisible et n’ont pas reçu de fin de non-recevoir. La Région pourrait donc très bien adopter cette solution, ce qui ne veut pas dire qu’à plus long terme avec des moyens technologiques supplémentaires, il n’y aura pas d’évolution ».

En attendant, la commune réfléchit aussi à l’information des automobilistes pour les guider à travers les cinq zones. « Nous pensons à utiliser le mobilier urbain, comme un poteau d’éclairage sur lequel on pourrait apposer des bandes de couleur. On pourrait aussi numériser les zones. S’il y en a 5, ce n’est pas un problème. S’il y en a 25 par contre… »

Fin septembre, le conseil communal a adopté le projet de plan qui est à l’enquête publique jusqu’au 30 novembre. Une présentation publique a eu lieu il y a quelques jours et des rencontres sont prévues avec les comités de quartier. « Nous recueillons l’ensemble des remarques sur base desquelles nous ferons sans doute quelques amendements, le plan devant ensuite être adopté par le conseil communal, fin janvier ».

Pour l’entrée en vigueur, c’est plus flou sachant que le gouvernement bruxellois doit donner son approbation. « Sur base de l’ordonnance, le gouvernement devrait le faire en une seule fois pour les 19 communes. » Ce qui, on l’a dit, pourrait très clairement faire durer les choses, certaines communes n’étant nulle part. « Mais une modification de l’ordonnance est à l’étude, ce qui permettrait de donner le feu vert aux entités déjà prêtes. Ceci dit, en dehors de la sectorisation, rien ne nous empêchera de mettre déjà en œuvre les mesures qui nous concernent comme la révision des zones blanches ou l’incitation fiscale au partage du parking, ce qui est déjà le cas pour les bureaux et les grandes surfaces mais que nous souhaitons élargir aux services publics. »

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