Les bières, « rebelles » ?

Voilà bien un terme qui pourrait paraître futile en ces temps de troubles sociaux, ou encore simplement puéril tant il fait appel à une notion que nous ressert Lucasfilms pour les fêtes, la « rébellion » des garants de nos traditions les plus anciennes face à l’Empire.

Mais la réalité est-elle si futile ou puérile ?

Les organisateurs du futur salon Vini, Birre, Ribelli ne le pensent pas et ne pensent certainement pas que ce terme « rebelle » soir galvaudé, particulièrement en ce qui concerne la boisson nationale.

Cela s’explique assez facilement. Alors que dans les années 80, les vraies brasseries artisanales indépendantes avaient pratiquement été rayées de la carte par notre système économique, les Bruxellois de Cantillon ont réellement résisté en se rebellant contre la standardisation du goût, se posant ainsi en exemple pour de nombreux autres, en Belgique ou ailleurs dans le monde, et cela que l’on aime ou pas leur type particulier de gueuze.

De là, d’autres y ont cru, y ont vu une opportunité de faire différent d’une Pils formatée et on a assisté à l’éclosion ou la renaissance de brasseries comme les Tilquin, Dupont, Brasserie de la Senne et bien d’autres.

Tout cela avant que de nombreuses micro-brasseries rejoignent cette « rébellion » qui ne veut jamais que retrouver du goût, le goût d’avant l’industrialisation sauvage du secteur. Derrière cette bannière rebelle réunifiée, se cache avant tout l’abandon de ce qui a littéralement standardisé le goût de la bière : le sucre.

En permettant, dans leurs installations, aux levures de digérer presque totalement des sucres qui chez ABinbev et consorts atteignent joyeusement les 17 grammes par litre, cette rébellion a révélé au public des approches nettement plus originales de l’acidité et des amertumes, redonnant un véritable coup de fouet à la fraicheur qui se doit d’accompagner une bière.

Grâce à tous ces intervenants, la standardisation a été et reste réellement bafouée, ce qui est de nos jours tout simplement exemplaire mais qui s’insère clairement dans une lame de fond qui s’érige face à la fuite en avant de cette économie qui ne glorifie plus que les termes produit et consommation, et ce au plus bas prix, cette économie dont les lois de communication proclamaient il y a encore peu pour ses hamburgers à la chaine : « Chez nous, c’est le goût » !

Quel aveuglement, alors que le goût est multiple, rien que parce que nous, consommateurs, avons nos papilles génétiquement toutes différentes.

Empire et rébellion, l’image n’est finalement pas si mal choisie, d’autant que les chevaliers Jedi de la cause de la bonne bouffe et du bon glou semblent bien se multiplier.

Acheter c’est voter… disent les sages… c’est valable pour tous les aliments, la bière aussi…. surtout même! Alors vous aussi, retrouvez votre âme de rebelles et consommez « artisanal ».

Goûter par soi-même au salon « Vini, Birre, Ribelli »

Le second salon « Vini, Birre, Ribelli » se déroulera le samedi 28 et le dimanche 29 novembre 2015 à Bruxelles dans la Grande Salle d'Accueil du Stade Roi Baudouin sur le site du Heysel. Il réunira 146 vignerons, brasseurs et autres acteurs du secteur. Ce salon vous offre la possibilité de déguster et d'acheter les produits présentés, mais, plus encore, il se veut un lieu de rencontre, de partage et de découverte entre deux mondes amis et interconnectés : celui du vin naturel et de la bière artisanale, représentés principalement par la France et l'Italie.

Tous les détails sur http://www.vinibirreribelli.net