Nouvelle vague pour les FinTechs belges

Il existe un paradoxe lorsque l’on aborde le sujet des FinTechs en Belgique. Les jeunes sociétés de technologie financière que l’on dit prêtes à prendre le dessus sur la banque classique font, et ne font pas, partie du paysage. D’un côté, notre pays a vu naître Swift, Clear2Pay ou encore Euroclear.

Des sociétés dont le nom n’évoque pas grand-chose au commun des mortels mais qui, sortes de FinTechs avant l’heure, ont révolutionné le monde du paiement international il y a de ça quelques années. Même Bancontact/Mister Cash, une technologie qui nous semble banale aujourd’hui, était en avance sur son temps il y a 25 ans.

De l’autre, nos FinTechs maison aujourd’hui (à l’heure où le terme est à la mode) n’ont pas vraiment de quoi concurrencer la Silicon Valley ou le fameux « Level 39 » de Londres, qui regroupe toutes les start-up prêtes à révolutionner le monde des banques et de la finance.

Il en existe pourtant. Certes, les jeunes FinTechs belges n’ont pas la renommée de Transferwise (société londonienne qui permet de transférer des devises à moindre coût) ou de Funding Circle (start-up britannique qui a déjà permis plus de 450 millions d’euros de prêts entre particuliers). Et aucune chez nous n’est valorisée à 7,5 milliards de dollars (7 milliards d’euros) comme c’est le cas de Lending Club, la plate-forme américaine pionnière du prêt entre particuliers.

Les FinTechs belges ont pourtant un avantage de taille : les « anciens » qui ont créé leurs entreprises financières ont aujourd’hui revendu leur société et décidé d’investir dans de nouvelles entités. Alors, pendant que les locaux new-yorkais de NG Data (la société originaire de Gand possède aussi des bureaux à San Francisco) annoncent une levée de fonds de 9,5 millions d’euros, MyMicroInvest trouve 3 millions d’euros d’argent frais pour financer ses rêves d’internationalisation. De là à concurrencer le très tendance Lending Club, pas encore. Les FinTechs belges ont encore du chemin à parcourir. Mais certaines concurrencent déjà le système bancaire traditionnel. Comme MyMicroInvest, la plate-forme de crowdfunding, qui permet à des projets d’être financés par le public sans passer par les banques. Edebex, le site de rachat de factures, qui est une autre version du service de factoring proposé par les institutions classiques. Quant à Swanest, le courtier en ligne en développement veut permettre aux particuliers de construire eux-mêmes leur stratégie d’investissement.

Les autres ont développé des services à destination du secteur bancaire. UnifiedPost, par exemple, qui a dépassé depuis longtemps le stade de la start-up, réalise un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros par an en gérant les services de paiements. Twikey, le simplificateur de mandats, compte dans ses clients les quatre grandes banques belges. Quant à Sign2Pay, la solution de paiement lancée en mai est déjà acceptée dans 18 pays différents. Pour celles-là, les banques sont des clients ou des partenaires. Leur concurrence ? Les développements que les institutions lancent en interne… ou d’autres FinTechs.

Les principales FinTechs

NG Data : analyse de données

Après un premier tour avec plusieurs sociétés d’investissement, le bureau de New York de la société vient d’annoncer l’arrivée de pas moins de 10,2 millions de dollars (9,5 millions d’euros) en octobre dernier. Originaire de Gand, l’expertise NG Data ne se limite pas au secteur financier, mais compte tout de même 2.000 banques parmi ses clients. Son métier : l’analyse de données. Et Dieu sait si les institutions bancaires en possèdent. Avec ces informations, NG Data promet à ses clients d’améliorer la segmentation de la clientèle, augmenter le taux de rachat, prévenir des désabonnements et éviter la fraude.

Twikey : mandats de domiciliation électroniques

« Des mandats électroniques faciles à configurer. » Telle est la promesse du produit développé par l’entreprise gantoise. Twikey, qui offre à ses clients la possibilité de créer leur propre plate-forme personnalisée de gestion de mandat en ligne, collabore déjà avec les quatre grandes banques belges. Les clients de Twikey ont alors la possibilité d’inviter par e-mail leurs propres clients à signer un mandat électronique. Par la suite, la plate-forme permet de créer et gérer une domiciliation de paiement entièrement digitale.

MyMicroInvest : crowdfunding

La plate-forme en ligne vient elle aussi de lever quelques millions d’euros. En juillet dernier, plusieurs investisseurs privés (dont la direction de MyMicroInvest) ont de fait injecté 3 millions d’euros d’argent frais, qui doit permettre à la société de 17 employés de se développer à l’international. La start-up créée en 2011 a par ailleurs noué des partenariats avec deux banques cette année : BNP Paribas Fortis, qui lui transfère des projets à financer, et Keytrade, qui propose désormais à ses clients d’investir sur MyMicroInvest. Pour l’heure, plus de 10 millions d’euros ont déjà été investis par 29.000 membres.

Sign2Pay : paiements

Une solution de paiement plus largement acceptée que Bancontact/Mister Cash. Les fondateurs de Sign2Pay travaillent avec 3.700 banques. La technologie, dont les ventes ont démarré en mai, s’attaque au marché abandonné du paiement mobile. Une fois inscrit chez Sign2Pay, il suffit à l’utilisateur de signer de son doigt sur l’écran pour confirmer son achat, sans avoir à télécharger une application ou à être redirigé vers un autre site internet. La société, qui se rémunère sur les transactions, affirme être moins chère que ses concurrents PayPal ou les cartes de crédit. Elle a déjà levé 600.000 euros de capital.

Swanest : stratégie d’investissement

Contraction de « cygne » et de « nid », la start-up se définit comme un courtier en ligne intelligent. Le lancement officiel, prévu dans le courant de l’année prochaine, doit se faire en premier lieu sur le marché britannique, « plus mature » selon les quatre fondateurs. La jeune société, qui se finance pour l’instant toute seule, repose sa stratégie sur l’analyse du comportement du client. Une fois inscrit sur le site internet, le client doit pouvoir construire sa stratégie d’investissement de façon simplifiée contre des frais d’utilisation fixes et non de commission à la transaction.

UnifiedPost : gestion des paiements

Probablement la société belge de services financiers la plus connue dont vous n’avez jamais entendu parler. Avec ses 137 employés, l’entreprise se définit comme une « FinTech durable » et a réalisé un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros en 2014. Son métier se résume à tout ce qui touche de près ou de loin les solutions financières, la gestion des paiements et la comptabilité au développement de plate-forme de banque en ligne. Fin 2014, la société se fait racheter par SmartFin, PE Group et Michel Deloy, qui fondent le groupe UP. Cette année, UnifiedPost a encore levé 6 millions d’euros de capital frais.

UnifiedPost : gestion des paiements

Probablement la société belge de services financiers la plus connue dont vous n’avez jamais entendu parler. Avec ses 137 employés, l’entreprise se définit comme une « FinTech durable » et a réalisé un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros en 2014. Son métier se résume à tout ce qui touche de près ou de loin les solutions financières, la gestion des paiements et la comptabilité au développement de plate-forme de banque en ligne. Fin 2014, la société se fait racheter par SmartFin, PE Group et Michel Deloy, qui fondent le groupe UP. Cette année, UnifiedPost a encore levé 6 millions d’euros de capital frais.

Edebex : revente de factures

Le site de rencontre financier, comme le décrivent les fondateurs, a également bénéficié de l’aide d’un business angel cette année. Après une première levée de fonds en janvier 2013 (qui a apporté un capital de 800.000 euros), Pascal Bérend injecte 3 millions d’euros dans la société en juin de cette année. Le produit ? Une plate-forme en ligne qui permet à une société en mal de liquidités de vendre sa facture en attente de paiement. En face, des investisseurs rachètent cette dernière à un prix réduit. Ils versent directement l’argent à la première société et attendent le paiement de la facture complète.