Inclure les exclus, ou déplacer les limites de l’inclusion?

Méditant sur le fameux proverbe sikh « L’exclusion suprême est celle où l’enfant est obligé d’apprendre selon le mode pédagogique inconscient de son premier prof », je me suis demandé ce que c’était, en réalité, que l’exclusion. Et de comment les limites entre inclus et exclus étaient définies. Curieusement, alors que c’est un des défis top 3 de toute l’histoire de l’humanité, et de chute de civilisations, il n’existe aucune définition holistique, aucune catégorisation structurée, aucune doctrine ni bible bien construite, vade-mecum ni feuille de route de meilleures pratiques sur cette question.

Et finalement, quel est le vrai problème inhérent à l’exclusion ? Clairement, le gâchis humain. De quoi ? De talent, de valeur ajoutée unique, de relationnel, de correction possible… et à l’inverse, la démotivation, la tristesse, le malheur, la souffrance.

L’inclusion dans un groupe n’est-elle pas une potentialité de bonheur, d’épanouissement, de réalisation ? L’inclus amène le meilleur de soi au monde. Son excellence, sa ressource unique. De la façon qui lui correspond le mieux, dans le contexte le plus propice – quel qu’il soit.

Mais alors, un exclu est exclu de quoi ?

Voici une première catégorisation « grossière » des exclus :

– de l’habitat (sans abris…)

– de la santé (maladies physiques, émotionnels, mentaux…)

– du travail (chômeurs…)

– de la mobilité (isolés…)

– du lien social (solitude, numérique…)

– de l’éducation (illettrés, sous-formés…)

– de la nutrition (faim…)

– de l’investissement (exclus bancaires, faillis…)

– de la citoyenneté (migration…)

– …

Nous en avons construit une liste d’environ une centaine de catégories. La liste sera publiée dans notre vade-mecum « Smart Inclusion 20 : 10 » en 2016.

Les vraies questions sont donc :

Et qui décide des limites entre qui est exclu et qui est inclus ? Où est limite entre les deux ? Qui définit quoi ? Quels sont les critères d’inclusion ?

Finalement, l’inclus est comme la bonne graine, tombée sur une terre fertile :

–  Bonne graine, oui, car chacun a son histoire unique. L’intérêt est comment il/elle vit sa propre histoire par rapport à son idéal, ses rêves, ses désirs ses aspirations, son excellence et valeur unique, même humble. Donc un exclu n’est pas l’autre, même dans la même catégorie. Une graine n’est finalement intéressante – pour porter fruit – que si elle trouve son terreau…

–  Terre fertile  : l’espace de qualité, la communauté accueillante pour elle/lui, le contexte propice à son épanouissement.

L'exclu (des espaces qu’il désire être inclus) passe par une période où il fait une expérience, qui on l’espère, l’enrichira. Presque toutes les expériences fortes où une personne passe d’un côté à l’autre de ses limites, sont belles au niveau humain, pour leur histoire : le prisonnier repenti, le migrant devenant homme d’affaires, le miraculé du cancer, le manchot qui gagne une médaille olympique, le manager sage après-burnout, la femme maltraitée qui témoigne…

Et vous, quel héros êtes-vous ?

Quelles épreuves avez-vous surmonté ?

Qu’en avez-vous appris… ?

Si vous connaissez des projets d’inclusion performants et à haute valeur ajoutée humaine, merci de nous envoyer les références par e-mail.

Michel de Kemmeter

mailto:michel@uhdr.net

Sur le même sujet
Politique