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Non, dans sa lutte contre Daesh, la Belgique n’a pas à rougir

La France a critiqué les services de renseignements belges. Pas au niveau, la Belgique ? On en a parlé avec Alain Lallemand.

Par la rédaction

Temps de lecture: 4 min

Le 11h02 sur mobile et tablette

C’est le Premier ministre belge, Charles Michel, qui le dit : « Nous sommes face à une menace sans précédent, avec un ennemi souvent invisible et anonyme, qui est sans foi ni loi. Nous sommes passés dans un autre registre. Nous venons de vivre les premiers assassinats généralisés. Ce sont des actes de guerre commis sur le sol européen. » Sommes-nous armés, au sens propre comme figuré, pour défendre nos démocraties face au terrorisme ? La Belgique en fait-elle assez contre les djihadistes ? On en a parlé avec Alain Lallemand.

Les attentats de Paris sont-ils le reflet de l’échec de nos services de renseignements et de sécurité ?

C’est toujours un échec. Mais c’est un échec partagé. Il manque une compréhension politique des services de Renseignements qui doivent avoir des missions commandées par le politique. Sous le gouvernement précédent, ils ont totalement manqué d’indications. Aujourd’hui, le politique est en train de rattraper ce retard. Maintenant, le drame de Paris doit-il être imputé à nos services ? C’est contraire à ce qu’a affirmé le 6 novembre un des plus hauts responsables du Renseignement français qui a salué la bonne collaboration entre les services français et belges. C’est une voix extérieure au Renseignement français qui se permet de culpabiliser les Renseignements belges. Deuxièmement, en termes de « returnee », c’est la Belgique qui a commencé à donner l’alerte en 2012, année des Jeux Olympiques de Londres, et la France a réagi bien plus tard. Nous sommes toujours extrêmement actifs dans ce domaine.

Vous parlez d’un « sanctuaire » ?

Par ce terme, j’évoque la Belgique. C’était le cas avec le GIA algérien qui avait des bases arrières en Belgique. Idem pour le Gangsterrorisme de Roubaix, et la filière qui a assassiné le commandant Massoud, idem pour le PKK. Donc oui, la Belgique sert de sanctuaire, ce qui ne veut pas dire qu’elle est inactive dans la lutte contre le terrorisme.

Vous parliez la semaine dernière de 272 djihadistes présents en Syrie et en Irak. La Belgique a-t-elle les moyens de surveiller toutes ces personnes ?

En matière de renseignements militaires, les moyens sont suffisants en termes de personnel et de technologie. Le problème se situe au niveau de la législation. La Sûreté de l’Etat réclame un cadre et des forces pour couvrir l’ensemble des missions qui lui sont attribuées. Elle a donc fait le choix elle-même de lutter contre le radicalisme et le terrorisme. Il aurait fallu que le politique investisse dans le Renseignement plus tôt.

Peut-on espérer que le politique soit enfin à l’écoute et dégage les budgets nécessaires ?

Oui mais ce n’est pas tout. Il faut aussi articuler les services de Renseignements et le monde politique. Il n’y a pas qu’une question de budget. Il est nécessaire d’avoir de grands débats parlementaires. Culturellement, politiquement, il faut mettre les services de Renseignements davantage au cœur du processus de décision politique.

Le niveau d’alerte a été rehaussé de 2 à 3 ?

Cela signifie une présence élargie autour des lieux sensibles. L’Union belge de football déplorait un avis tardif de l’Ocam mais notons que cette dernière a fait son travail.

Les politiques semblent s’accorder sur un « plan Molenbeek » et un travail en Syrie avec la coalition. Sera-ce suffisant pour contrer la menace djihadiste ?

Je n’ai pas de boule de cristal mais je sais qu’il y a une collecte de renseignements inouïe sur les zones de Syrie où sont présents les djihadistes belges. Nous avons de grandes oreilles qui permettent de suivre ce qui se passe sur place. Evidemment, on ne suit pas uniquement les Belges. D’où la nécessité de travailler ensemble avec les autres pays. Nous sommes tous dans le même bain. Il existe d’ailleurs une opération franco-belge pour laquelle les militaires français et belges travaillent ensemble sur les écoutes.

Sommes-nous en guerre ?

Nous sommes en conflit armé. La guerre demanderait une déclaration stricto sensu, signée par le gouvernement. Pour l’heure, nous sommes en conflit armé avec des entités subnationales. Pour dépasser la sémantique, nous avons un gouvernement et un parlement qui ont décidé d’aller bombarder sur place et de mener une offensive judiciaire sur le territoire belge.

 

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