Mogherini: «L’UE qui panique devant des centaines de réfugiés? C’est une honte»

Pour Jean-Claude Juncker et Federica Mogherini comme pour Guy Verhofstadt, président du groupe des libéraux (ADLE) au Parlement européen, pas question de céder à quoi que ce soit d’extérieur : ils sont ce mercredi sur la scène de Bozar et assurent comme promis leur rendez-vous avec le public belge pour les « Journées de l’Europe ».

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Aujourd’hui, depuis 14 heures, c’est l’Europe qui est questionnée et mise en cause à l’instigation de trois médias, le magazine français L’Obs avec Le Soir et De Standaard, avec Bozar, qui s’est assuré de mesures de sécurité à la hauteur de l’événement et des circonstances extérieures.

La présentation et le programme des « Journées de l’Europe »

Sur la Syrie

L’Etat Islamique est « l’ennemi numéro un de l’Europe », a estimé mercredi le président de la Commission européenne.

Interrogé sur la scène de Bozar, Jean-Claude Juncker n’a pas voulu dire si l’Europe était en guerre. « Il y a eu des actes de guerre en Europe », a-t-il dit, précisant qu’il « n’y avait pas de réponses simples à des questions difficiles. »

Sur la Syrie, le président de la Commission européenne a estimé : « Il ne faut pas croire qu’il y a une solution avec Assad. Mais il ne faut pas croire qu’il y aura une solution sans Assad ».

Interrogé sur l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’UE, Juncker a été très clair : « Le Brexit n’aura pas lieu ».

« On doit investir dans l’Europe »

Quant à Federica Mogherini elle a déclaré : « On traverse des jours terribles. Une année terrible aussi. Charlie, la crise migratoire qui a explosé en Méditerranée et dans les Balkans, la crise financière en Grèce. Et Maintenant ceci… Il y a toutes ces crises autour de nous… Si on voit l’Europe de loin, depuis l’Amérique latine ou le Japon, on voit que toutes ces crises sont autour de nous. Cela nous donne une responsabilité. Je sais que dans certaines capitales de l’UE, il y a cette idée que c’est la faute de l’UE et qu’elles oublient que l’UE, c’est elles. L’UE, ce n’est pas que les institutions européennes. C’est chacun de nous : les gouvernements, les institutions, les citoyens, les services sociaux… L’Europe, c’est chacun de nous, de Helsinki à Lisbonne. Et tous ces villages dont on ne connaît pas les noms. Il y a une communauté européenne. Et ensuite, les citoyens ont besoin de l’Europe. Pour ça, on doit investir dans l’Europe. »

Et de rajouter : « En politique intérieure, la crise migratoire est très douloureuse. Mais en politique extérieure, il y a beaucoup moins d’oppositions entre les pays européens. Le travail que l’on fait sur la Syrie (médiation politique et humanitaire), et même maintenant le travail sur l’Ukraine, les sanctions pour la Russie… La dernière fois que l’on a travaillé sur ces questions, ce n’était pas au niveau ministériel ! C’était avec les ambassadeurs ! Nous avons des bases communes. Même s’il y a des différences au sein des 28. Et ce n’est pas seulement 28 différences. Parce que même au sein de chacun des 28, il y a des différences. Chaque Etat membre a des gouvernements, des parlements… Où l’on trouve des positions complètement différentes. Par contre, ce que je n’aime pas, c’est quand on cherche une voix européenne. Il n’y a pas une voix européenne. Notre force, c’est d’avoir plusieurs voix. Le but est justement d’avoir plusieurs voix, mais de chanter la même chanson. C’est l’exercice que nous essayons de réussir. [...] Ce qu'il nous manque? De la confiance et de la cohérence. L'UE qui panique devant des centaines de réfugiés? C'est une honte»

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