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Sécurité, sécuritaire: ne pas confondre

Le combat engagé contre la barbarie requiert de l’emporter contre les terroristes, et de garantir les libertés publiques, les libertés tout court, de sauvegarder-cultiver les fondamentaux démocratiques. L’édito de David Coppi.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

C’est l’heure de l’« union nationale ». Le temps des opérations antiterroristes, à Paris, à Saint-Denis, à Molenbeek. Celui, aussi, de l’accroissement de l’arsenal de sécurité, objet de la séance plénière aujourd’hui au Parlement fédéral, à la Chambre.

Avec Charles Michel à la barre, la majorité suédoise derrière le Premier ministre, et l’opposition à ses côtés – lire notamment notre interview d’Elio Di Rupo pour le PS, qui ne lésine pas.

Il faut prendre la mesure de la gravité des événements. Il faut aussi être à la hauteur, selon l’expression…

Pour cela, le combat engagé contre la barbarie requiert, d’une part, de l’emporter contre les terroristes, en les délogeant là où ils se terrent, les neutralisant où ils opèrent comme où ils prétendent s’ériger en Etat islamique. Il exige, de l’autre, de garantir les libertés publiques, les libertés tout court, de sauvegarder-cultiver les fondamentaux démocratiques.

Après les massacres à Paris, ailleurs dans le monde, en Turquie, au Liban, le consensus s’étend à point nommé parmi les forces politiques, pour augmenter les moyens financiers et en hommes des services de renseignement et de police, pour renforcer les mesures de sécurité, et faire en sorte que la protection des citoyens soit garantie, parfois de façon manifeste et visible, légitimement, dans nos villes. On n’en attend pas moins de la part des responsables politiques.

Ne sous-estimons rien, en effet.

Ne sous-estimons pas non plus, dans le même temps, et avec la même exigence d’efficacité, le besoin d’un contrôle parlementaire effectif et permanent sur les politiques mises en œuvre dans ces jours sombres, ainsi que le souci scrupuleux de baliser celles-ci très précisément – on pense à leur caractère exceptionnel et d’urgence –, afin de les vouer strictement à la lutte contre le terrorisme, point barre, comme dirait l’autre.

Cela va de soi ?

Cela va mieux en le disant, mieux encore si on le fait – il n’est pas permis d’en douter.

Passablement affectée déjà, voire déstabilisée, par les effets dévastateurs de la crise et des fameuses « mutations » économiques, la démocratie a tout à perdre dans ce qui s’apparenterait après coup à un tour de vis autoritaire et, plus largement, dans l’exaltation du contrôle social. Des tentations, des tentatives, très en vogue toutes les deux aux quatre coins d’une Europe divisée, éreintée.

On y revient : le combat engagé contre la barbarie réclame d’être à la hauteur. En termes simples : sécurité et sécuritaire, il ne faut pas confondre.

Personne ne confond, n’est-ce pas ?

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