L’idée folle d’un mini-Schengen avec le Benelux, l’Allemagne et l’Autriche

L’idée est née lors d’une réunion d’experts des cinq pays, alors que « rien ne fonctionne » dans la gestion de la crise des réfugiés.

Chef du service Monde Temps de lecture: 3 min

C’est le quotidien néerlandais De Telegraaf qui a vendu la mèche mercredi, créant un buzz qui a alimenté les « doorsteps » – les déclarations d’arrivée – des ministres européens de l’Intérieur et de la Justice réunis ce vendredi matin en conseil extraordinaire à Bruxelles dans la foulée des attentats de Paris. L’idée : une mini-zone Schengen, qui réunirait les pays du Benelux, l’Allemagne et l’Autriche. Et la référence à Schengen implique donc l’idée de contrôles aux frontières extérieures de cette zone réduite, tandis que la vraie zone Schengen compte actuellement 26 pays : 22 États membres de l’UE, plus quatre pays associés comme la Suisse et la Norvège.

«L’idée n’est pas à l’agenda de la réunion»

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères a confirmé que cette idée a été émise, laissant entendre qu’à défaut de cela, les Pays-Bas fixeraient un plafond à l’entrée de réfugiés sur leur territoire. Selon nos informations, l’idée a été évoquée lors d’une réunion d’experts des cinq pays. « Vu que rien ne fonctionne dans la gestion de la crise des réfugiés, différentes idées ont été lancées à cette réunion. Mais on n’en a plus reparlé dès le moment où elle est sortie dans la presse néerlandaise », nous confiait jeudi soir une source diplomatique.

À son arrivée au conseil européen JAI (Justice et Affaires intérieures), le ministre belge Jan Jambon (N-VA) a répondu que « cette idée est d’un tout autre ordre, et n’est pas à l’agenda de cette réunion, où on discutera de mesures concrètes ». Jeudi, la Commission européenne a fait savoir par la voix d’une porte-parole qu’il s’agissait de « rumeurs », que la Commission « n’a été notifiée d’aucun projet en ce sens », et que « le conseil JAI sera l’opportunité de discuter d’éventuelles idées ».

Faire monter la pression ?

Il semble surtout que la fuite délibérée par les Pays-Bas de cette idée est une façon de faire monter la pression sur les autres Etats membres, afin d’accélérer la mise en œuvre des décisions prises en matière de migration. Notamment les « hotspots », ces centres d’accueil et de sélection censés identifier en Grèce et en Italie les réfugiés à relocaliser entre les autres États membres participant à ce schéma de répartition. La presse des pays d’Europe de l’Est a également perçu l’idée du mini-Schengen comme une menace voilée à l’encontre des pays qui avaient voté contre le système de relocalisation obligatoire de 120.000 réfugiés.

Il n’en reste pas moins que l’idée d’un mini-Schengen paraît tirée par les cheveux pour de nombreuses raisons. Dont celle que la France en serait exclue. « Une frontière entre l’Allemagne et la France ? », s’exclamait, incrédule, un observateur avisé…

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