Liège. Marcourt: «La liaison CHR n’est pas indispensable»

Accusé par les opposants du comité Citadelle Environnement d’être favorable à une liaison routière entre le CHR de la Citadelle et l’autoroute, le ministre wallon et chef de groupe PS au conseil communal sort du bois. « Oui, l’accessibilité à l’hôpital est déficiente, mais ce dossier exige une réflexion globale à l’échelle du quartier, qui intègre les différentes composantes (Ville, TEC…) et bien sûr les habitants et les commerçants. Certains ont ressorti un vieux projet sur la base d’un ancien tracé d’autoroute. Je demande aujourd’hui au CHR et à sa directrice, madame Portugaels, de mener d’abord une réflexion globale. La présidente du CHR (NDLR : Marie-Claire Lambert) s’est exprimée en faveur du projet de liaison routière. Moi, je dis : actuellement, il n’y a aucun projet déposé officiellement sur la table du gouvernement wallon, et donc pas d’accord sur ce tracé. On vit bien sans cette route, on continuera bien sans. Au lieu de se focaliser sur ce tracé, je demande que l’on travaille ensemble sur un master plan de mobilité où les habitants seront conviés au sein d’une task force », déclare Jean-Claude Marcourt, qui ne ferme pas pour autant la porte à une éventuelle nouvelle route, expliquant qu’il ne dispose d’aucun élément technique pour la balayer d’un revers de la main.

Le ministre wallon a exprimé sa position à l’occasion d’une visite de la ferme des enfants à Sainte-Walburge – menacée elle aussi par la liaison. Une délégation du comité Citadelle Environnement était présente. Le chef de groupe PS a mesuré l’ampleur de la contestation – une pétition contre le tracé rassemble plus de 6.000 signatures. Du coup, la conseillère socialiste Marie-Claire Lambert se retrouve isolée alors que le comité interpelle le collège, ce lundi, au conseil communal.

« Il y a beaucoup d’angoisses dans le quartier. Des gens, souvent âgés, nous contactent, très inquiets pour leur avenir. D’autres mettent leurs travaux en suspens. Et que dire de ceux qui pensaient investir dans le quartier, des maraîchers ou de la ferme des enfants, explique Anne Fiévet, membre du comité Citadelle Environnement. Nous devons être rassurés ! »

« L’option que je préconise, c’est de travailler ensemble à l’amélioration de la mobilité sans recourir à cette extrémité que constitue la liaison, et ceci pour qu’il y ait le moins de nuisances possible. Si c’est pour se retrouver avec un nouveau tracé qui engendre des flux dont on ne sait pas quoi faire, on n’aura rien résolu, répond Jean-Claude Marcourt. Il faut notamment évaluer ce qui a été fait jusqu’à présent. »

Dans son ensemble, le comité Citadelle Environnement n’est qu’à moitié rassuré. « L’urgence, c’est de savoir vers où l’on va. La mise en place de ce master plan et d’une task force est une première réponse », répond Jean-Claude Marcourt, qui place la réflexion dans une perspective plus large d’accessibilité des pôles d’emploi à l’échelle de l’agglomération où l’émergence d’un réseau express liégeois (REL) sur les lignes de la SNCB a tout son sens (lire ci-contre).

Dans l’immédiat, le comité Citadelle Environnement attend avec impatience la réponse du collège à l’interpellation de ce soir au conseil.

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